Primal Scream - Give Out But Don't Give Up

Publié le par NedLabs

primal.jpgSortie 1994

 

Etonnant cas que celui du gang Primal Scream. Sortis de nulle part à l’orée des 90’s grâce à leur conceptuel album Screamadelica, manifeste hédoniste et défoncé au MDMA devenu culte, les Ecossais n’ont cessé depuis de brouiller les pistes de disque en disque, en allant piocher tantôt du côté de l’électro psychopathe (XTRMNTR, Vanishing Point…), tantôt du bon vieux rock n’ roll crassouille et méchant (Riot City Blues). Le tout avec un solide héritage : l’art du riff tueur et hypnotique des Stooges, un groove de jeunes délinquants d’outre Manche tout à fait rollingstonien, un zeste de punk et un goût immodéré pour l’expérimentation sonique qui les emmène autant vers les recherches hindouisantes façon Georges Harrison que vers les beats électroniques froids à la Kraftwerk. Bref, on agite tout ça et on l’assaisonne avec une rythmique qui permet de foutre le feu aux dancefloors, et on a la recette d’un tube façon Primal Scream. Attardons nous aujourd’hui sur cet album atypique – forcément, donc – qu’est Give Out But Don’t Give Up, opus daté de l’an de grâce 1994. Comme l’annonce la pochette et son drapeau confédéré à néon, genre enseigne de lupanar dans un bled interlope d’Alabama, Primal Scream a décidé cette fois ci de se payer un album joyeusement sudiste, sans pour autant renoncer à quelques uns de ses gimmicks favoris. Au programme, du gros blues-rock suintant taillé dans l’électricité ("Jailbird", "Rocks"…), des grooves moites et interminables ("Give Out But Don’t Give Up", "Struttin’"…) avec un backing band entre Lynyrd Skynyrd et  les JB's de Monsieur James Brown (avec armée de choristes façon Nouvelle Orléans et escadrons de cuivres en renfort), des ballades génialement dégoulinantes façon Rolling Stones sur Let It Bleed ("Cry Myself Blind", "Big Jet Plane"…), et même des collaborations prestigieuses avec notamment le facétieux George Clinton himself qui met sa patte au dinosaure groovy qu’est "Funky Jam", ou encore un poignant "Free" conviant une certaine Denise Johnson à la voix suave. La voix elle plaintive de Bobby Gillespie sert également idéalement les compositions, perchée quelque part entre Mick Jagger et Billy Corgan. Mais le vrai miracle de cet album est que la bande de junkies arrogants de Glasgow qu’est Primal Scream arrive à donner une crédibilité à cette compilation de titres pour rednecks en goguette, un peu comme les Rolling Stones se découvraient une vocation américaine sur Exile On Main Street. Cette capacité à sortir perpétuellement du cadre pour aller là où on n’est pas attendu, et si c’était ça le talent?

Publié dans Disques de passage

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clovis simard 16/05/2013 13:35


L'HYPNOSE UN TRAFIC TÉNÉBREUX ?(fermaton.over-blog.com)