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Critico-Blog

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Recommandé par des Influenceurs
Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /2009 21:19

Sortie 2002

 

Mes bien chers Frères, mes bien chères Sœurs, non, ne perdez pas la foi ! Car je vous le dis, le Rock n’ Roll n’est jamais mort. Il revient même périodiquement sur Terre chercher les brebis égarées dans la grisaille sonique histoire de leur remettre une bonne claque derrière les oreilles, parce que faudrait pas se laisser aller, quoi, merde… Que faisiez-vous en 2002, hein ? Oui, d’accord, moi non plus je ne sais plus, mais je n’avais sûrement aucune raison valable de passer à côté de la déflagration sonique que je découvre avec bonheur depuis seulement quelques semaines, j’ai nommé les Flaming Sideburns. Brûlante formation finlandaise apparue à l’aube du nouveau millénaire dans le maelström de la mouvance Garage-Punk nordique, les Flaming Sideburns n’ont pondu à peu près que des albums géniaux dont je régale mes oreilles endolories ces derniers temps par trop de beats synthétiques. Et le bien nommé Save Rock n’Roll de 2002 est une pièce de choix de leur discographie. A cheval entre les facétieux Hives avec qui ils ont en commun le génie du riff accrocheur à deux balles, et les Hellacopters pour le côté bon vieux Rock à Papa, mais à 250 à l’heure, la furie des FS doit aussi beaucoup à leur hurleur en chef Eduardo Martinez. Un patronyme plus enclin à faire de vous un torero qu’un frontman, mais que voulez-vous, la tauromachie en Finlande, c’est pas trop ça, donc le bonhomme a bien du exprimer ses ardeurs dans un autre domaine d’activité. Le résultat est tout bonnement bluffant de spontanéité et de simplicité, de quoi rabâcher encore quelques décennies sur les sacrosaints trois accords. Mais ce qui fait la qualité du groupe, c’est l’agressivité de son son, tout droit venu du Detroit de la fin des 60’s. Les Flaming Sideburns ne s’en cachent pas, ils se veulent héritiers des Stooges et des MC5. Fuzz démentielle, riffs ultra-tranchants, hurlements, frappe de batterie bête et méchante. Martinez aboie des titres immédiatement inoubliables ("Street Survivor", "Blow the Roof", "Shake In", "Spanish Blood"), avec le charisme d’un Iggy ou d’un Jagger survolté, entrecoupés de quelques intermèdes juste pour souffler, pour terminer sur un "Testify" en clin d’œil au MC5. Alors c’est sûr, ces cinq là n’ont vraiment pas (ré-)inventé la poudre, mais rien que pour être parvenu à réhabiliter avec autant de naturel les costumes de scènes les plus improbables d’Iggy (vas-y que je te colle des paillettes sur le futal léopard moulant,  des semelles compensées et des tronches de tigres sur le perfecto), la fine dialectique des Ramones, le bonheur de pousser les potards à 11 et de boire trop de bière en faisant décrire à son corps un mouvement perpétuel d’oscillation verticale jusqu’à ce que vomi s’en suive, eh bien on ne peut que leur tirer notre chapeau. Et puis au moins on est sûr que s’ils sortent une anthologie, ils n’auront pas d’article dans les Inrockuptibles

 

 

 

Par NedLabs - Publié dans : Disques de passage - Communauté : Le Monde du Rock
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