Mercredi 28 novembre 2007
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Il y a des
situations, comme ça, qui sont propices aux interrogations métaphysiques rock n’rollesques. Ainsi, l’autre jour, errant sur une départementale familière au volant de ma puissante cylindrée,
l’esprit insouciant et le cœur léger, à l’écoute d’une quelconque radio locale, je me faisais la réflexion suivante : pourquoi donc les radios ne retiennent-elles des grands groupes pop-rock
que ce qui constitue, à l’oreille de l’homme de goût (donc du critique rock, n’est ce pas Guic’?), leurs plus grands ratages, voire leurs plus ignobles crimes musicaux, qu’elles rediffusent sans
se lasser? On est en effet parfois atterré en constatant que des titres franchement moches, et en plus de ça bien moins accessibles ou représentatifs que d’autres, représentent nos groupes
favoris en cartonnant depuis des années sur les ondes FM. Est-ce que le conditionnement créé par la diffusion radiophonique fait que les auditeurs adoptent docilement une chanson dont on les
matraque des années durant? Est-ce qu’au contraire il y a au départ quelque chose d’intrinsèque qui fait qu’une chanson est calibrée FM (mis à part son format) ? Est-ce simplement que
les singles sont destinés à rester tout ce qu’on retiendra d’un groupe à la radio ? Je me suis donc dressé une liste de titres que je ne juge ni représentatifs, ni flatteurs pour les groupes
que j’apprécie, et qui en sont pourtant devenus les symboles radiophoniques.
The Cure : Boys Don’t Cry. Face B du tout premier effort des Cure (très
bon par ailleurs), c’est sans doute un de leurs titres dont le son a le plus mal vieilli, et un des moins mélodiques (joliment mélodique, s’entend) et dansants de l’album. Quid ?
Joy Division : Love Will Tear us Appart. Grand titre, poignant et tout.
Mais niveau synthétiseur dégoulinant, on touche le fond. En plus c’est encore une face B. The Eternal, par exemple, me paraît bien plus audible au premier abord…
Nirvana : Come as you Are. Joli titre mais absolument pas représentatif
de la musique du groupe. Si on cherche un truc un tant soit peu calme, autant choisir le magnifique Heart Shaped Box (bizarrement boudé par les radios), ou Dumb (idem). Mais quand les radios
touchent à In Utero, elles nous servent systématiquement Rape Me.
Pink Floyd : Pourquoi diable Another Brick in the Wall, en plus c’est un pavé au format anti-FM. Quitte à couper au milieu,
pourquoi pas Echoes ou n’importe quel autre titre de Meddle, plus mélodique.
The Rolling Stones : Leurs meilleures années ont été consciencieusement effacées au profit de leurs pires soupes. Qui peut dire
honnêtement (même le néophyte) qu’Angie est plus réussie que Sister Morphine, ou que Miss You (même s’il elle n’est pas si mauvaise) groove plus que Monkey Man? J’en étouffe !
Je ne vais pas poursuivre ma liste (Seven Nations Army des White Stripes, Should I Stay or Should I go des Clash, Knocking on Heaven’s
Door de GnR, le triste sort radiophonique de Bowie, Lou Reed… aaaargh !), je vous fais confiance pour continuer cette ébauche, et exposer vos réflexions (explications ?) sur cet étrange
phénomène, en commentaires. A vous !