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Jeudi 4 mai 2006

Sortie août 2004

Pour leur second opus, et entre deux frasques médiatico-judiciaires, les Libertines nous gratifient d'un album tout ce qu'il y a de plus envoûtant. Reprenant avec succès la formule de leur première mouture, "Up the bracket", les quatre gredins aux dehors "So British" parviennent grâce à une production au cordeau de l'ex-Clash Mick Jones à rendre leurs compositions destructurées plus audibles, à en faire resortir des mélodies lancinantes qui les rendent moins abruptes à l'oreille du néophyte, tout en conservant l'énergie punk (version 1977) qui leur est propre. Les chansons n'en restent pas moins des capharnaüms soniques, passant en un instant d'une mélodie pop à des dissonances électriques à haute tension, le tout bercé par les paroles douces-amères d'un Pete Doherty qui maintient savamment un chant sur le fil du rasoir, oscillant entre la fausse note et l'extinction de voix. Et force est de constater que la sauce prend, et que l'on se trouve rapidement happé par ces chansons bordéliques, vulgaires, sans savoir si on l'est plus par leurs mélodies hypnotiques ou leurs énergie effrénée. Les Libs' signent un deuxième album sans reproches, qui sera celui de l'explosion inévitable d'un groupe trop bouillonnant. Bref, trop rock n' roll...

Par NedLabs
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Jeudi 4 mai 2006

Sortie Avril 2005

Dans la grande famille des groupes de rock indé au nom aussi intrigant qu'inepte, je demande I Am Kloot... Kloot, dites-vous? Jaaa! Klooooot... Bref, outre ce sobriquet qui sans nul doute doit avoir un sens profond pour les membres dudit groupe (sûrement en rapport avec quelque frasque d'ordre sexuel), le dernier album du trio mancunien mérite a n'en pas douter une écoute attentive. Après avoir signé deux albums sans fautes emplis d'une jolie pop teintée de mélancolie ("I Am Kloot" et "Natural History"), les Kloots reviennent avec un album plus varié, plus sombre aussi, mais résolument mélodique. Avec un son moins lissé, plus mystérieux, l'album nous transporte avec des ballades tantôt oniriques, tantôt prosaïques, et toujours mélancoliques. On se met à rêvasser sur "Ordinary girl", la tristesse nous envahit aux premières notes du très dylanien "Astray", on sourit aux anges sur "Dead men's cigarette"... Des compositions fines, une production impeccable, des mélodies qui s'installent dans la tête pour notre plus grand plaisir, I Am Kloot signe un nouvel album pop irréprochable, sans tomber dans la routine...

Par NedLabs
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Jeudi 4 mai 2006

Sortie Avril 2006

On connaissait les Vines pour leurs deux précédents opus qui fleuraient bon les étincelles et la sueur, à savoir "Highly Evolved" et "Winning Days". Deux albums pas vraiment révolutionnaires musicalement, mais dont certains titres avaient le pouvoir explosif de quelques mégatonnes de TNT dès que l'on daignait monter un peu le volume. Pour leur troisième forfait, les terroristes australiens du décibel ont ressorti exactement la même recette: chansons minimalistes, guitares lourdes et saturées tout en power-chord, rythmique pop et arrangements vocaux entre les Beatles et les Beach Boys ("Don't Listen to the Radio") entrecoupés par les feulements du hurleur du groupe, Craig Nichols (atteint du syndrome d'Asperger, sorte d'autisme léger!). Dans l'esprit de leurs précédents albums, on retrouve quelques chansons apaisées, hommages mélancoliques aux 70's (la chanson "Spaceship" à mettre sur le même plan que le "1969" du premier album, ou encore la chanson titre "Vision Valley"), et qui permettent de souffler un peu après les grossières tornades rock "Anysound" et "Gross Out". A aucun moment, on le regrette, cet album ne parvient à surprendre. Malgré tout, on en sort heureux, les oreilles repues de rock comme l'estomac l'est de gras après un Mc Do. Et de temps en temps, c'est bon...

Par NedLabs
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Mardi 9 mai 2006
Sortie Avril 2006

On attendait avec impatience le printemps après un hiver rigoureux et qui s'éternisait... le voici enfin! Et, surprise, ce retour de la douceur nous vient du nord où les Suédois de The Concretes nous ont concocté un album léger, aux parfums de fleur de cerisier, de terre humide et de giboulées qui émoustillent mes sens d'indécrottable provincial. Retrouver la fraîcheur d'une voix féminine sur un album pop aux ambiances ouatées, c'est comme une barquette de fraise sous une pergola couverte de glycine... Tout l'inverse des grincements des Yeah Yeah Yeah's dont le rock "putassier" (terme en vogue chez les bobos pour désigner le mauvais goût et l'indigence prétenduement assumée des compositions de certains artistes) est autant à sa place en cette saison qu'une potée aux choux en plein mois d'août. Les Concretes, eux, tout en simplicité, distillent de la bonne humeur sur l'alambic de leurs compositions légères aux instrumentations variées (et rappelant l'Irlande par moments), avec des doubles voix tout en volupté. Evidemment, ne pas en abuser, et conserver ces petites douceurs pour des instants privilégiés, car la pop des Concretes reste conventionnelle, à écouter d'une oreille distraite et alanguie. Bref, comme vous le conseillerait Jean-Pierre Coffe, les Concretes, profitez-en, filez les acheter, c'est la saison.
Par NedLabs
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Mercredi 10 mai 2006

Sortie Mars 2006

Quoi de plus repoussant qu'un bandeau publicitaire sur un disque? Nous ne saurons jamais à côté de combien d'albums nous sommes passés en fuyant les autocollants accrocheurs "La musique de la Pub...",  "Inclus, le single...", ou "Le groupe qui réinvente le rock... en tournée avec Europe 2". Ainsi, en arrivant chez votre disquaire, vous serez d'emblée informé que les Kooks sont "le groupe le plus excitant de la nouvelle scène Brit-Pop" (si mes souvenirs sont exacts). Un rictus de dédain sur le visage, vous commencerez à écouter le fameux album. Et bien vite, les clients autour de vous liront dans vos yeux la violente lutte interne qui tente de vous faire résister à ce disque autoproclamé "excitant". Lutte ô combien vaine. Vous sortirez finalement de l'échoppe, l'album serré contre votre coeur, honteux. Car les Kooks par bien des aspects rappellent les horripilants Supergrass voire Stereophonics, avec leur chansonnettes langoureuses aux mélodies accrocheuses. On se laisse emporter irrémédiablement par cette pop pour ados, simple sans jamais être simpliste, et on ne peut pas ne pas ressentir la fraîcheur, l'énergie de ces titres qui balancent entre accoustique et électrique, rock et reggae, le tout emmené par une basse bondissante et une batterie survitaminée. Car, si le "Inside In / Inside Out" des Kooks sonne résolument teenage, notamment avec ses textes tantôt potaches, tantôt mièvres,  on y trouve une réelle intelligence dans les compositions, et un grand professionnalisme dans l'exécution. Et merde, l'autocollant disait vrai...

Par NedLabs
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Jeudi 11 mai 2006

Sortie Mai 2006

La course aux livres Sterling continue autour du cadavre déliquescent des Libertines! Après le pas si fameux album de Pete Doherty et ses Babyshambles, c'est au tour de son acolyte et éternel rival, Carl Barat de faire son retour. Et force est de constater que ses Dirty Pretty Things savent faire du rock, dans la même veine criblée de piqûres de seringue que les Libertines, avec des accents des Clash ("Gentry Cove"), des Buzzcocks voire de Wire. Ces influences n'étant pas exclusives, puisqu'on trouve sur l'album un "Bang Bang" digne d'Oasis, et le brutal "You F*ckin' Love It" rappelant étrangement les White Stripes. Les riffs sont acérés, les mélodies punk-pop entrainantes ("Deadwood", "Gin & Milk"), le chant s'accomode sans trop de peine de l'absence d'un Doherty déchiré... Mais là où les Babyshambles sauvaient la mise avec des compositions variées et bordéliques, l'album des Dirty Pretty Things s'enferme dans un rock trop répétitif et trop carré, avec un son qui refuse de varier. Et c'est avec déception qu'on attend en vain une petite surprise musicale qui n'arrivera jamais... Difficile de donner un avis tranché sur ce disque: non, "Waterloo to anywhere" n'est pas une défaite cuisante, oui, c'est un excellent disque rock, efficace, teigneux. Mais on regrette qu'il manque aux Dirty Pretty Things l'étincelle de folie des Libertines qui aurait donné plus d'originalité à leurs compositions.

Par NedLabs
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Vendredi 12 mai 2006

Sortie Avril 2006

- Wouah! T'as écouté le dernier Flaming Lips?

- Bah, nan, c'est quoi?

- Oh, l'autre! Trooop ringard!!!

Oui, "At War With The Mystics" (AWWTM) est l'album trendy du printemps. Ne faisant pas partie de la communauté originelle des fans des Flaming Lips, je me suis donc plongé d'une oreille vierge et circonspecte dans l'univers de ces amuseurs rock'n'roll d'Oklahoma. La première écoute laisse à vrai dire le néophyte un peu perplexe, tant le second degré et les compositions "sérieuses" s'entremêlent dans cet album-fouilli... Dans les moments les plus extrêmes de AWWTM, on découvre un univers électro-pop totalement décalé, dans lequel on croise Stevie Wonder et Prince décalqués à l'acide qui auraient mangé Ray Manzarek (pour les interventions de claviers dégoulinantes). Les interludes plus conventionnels n'en sont que plus agréables, avec les très planantes chansons électro "The Sound Of Failure", "The Wizard Turns On", "My Cosmic Autumn Rebellion", "Mr Ambulance Driver", où l'on sent quelques réminiscences disco à la Phoenix (au risque de me faire lapider par les fans de la première heure)... Puis on tombe sur le grandiloquent "Pompeï am Götterdämmerung", que même la volonté de signer un concept-album ne peut excuser. L'écoute de AWWTM réserve donc autant de bonnes surprises qu'elle peut déstabiliser. Difficile pour le profane de pénétrer au premier abord (et même au second) l'esprit tordu des Flaming Lips. Un album sans doute excellent pour ceux qui connaissent déjà leur univers. Agréable et initiatique pour les autres.

Par NedLabs
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Lundi 15 mai 2006

Sortie Octobre 2005

Non, il n'est jamais trop tard pour découvrir (et faire découvrir) une daube. C'est ainsi que, fatalement, l'album (?) de The Duke Spirit s'est écrasé sur ma platine pour me procurer de longues minutes d'effroi. Afin que personne ne perde de temps ni d'argent, précisons donc d'emblée les 3 cas dans lesquels l'achat de cet album parait pertinent:

1./ Vous êtes un chasseur invétéré de gros gibier et le mur de votre salon présente un vide désespérant entre le renard empaillé et la hure de sanglier: courez acheter "Cuts Across the Land" des Duke Spirit, dont la pochette magistralement illustrée d'un cerf sur fond grenat sera du meilleur effet entre vos trophées de chasse.

2./ Votre cerveau n'est pas capable d'intégrer plus de 3 accords et d'une base rythmique: parfait! "Cuts Across the Land" sera le premier album dont vous pourrez profiter pleinement de la richesse de composition depuis le dernier des Ramones (l'auto-dérision en moins).

3./ Vous recevez des invités et la table du salon est branlante: en fonction de la hauteur du vide entre le pied et le sol, utilisez le boîtier, le CD ou le livret (éventuellement plié) de l'album "Cuts Across the Land" pour stabiliser l'objet. Réussite assurée pour votre dîner.

Un album sans aucun relief, qui confirme que lorsque la critique évoque le Velvet Underground, on a étrangement souvent affaire à une merde.

Par NedLabs
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Mardi 16 mai 2006

Sortie Février 2006

Je m'étonne parfois que ce blog aux prétentions modestes devienne pour moi un véritable sacerdoce. Exemple: Ecoutant pour la première fois le dernier album de Belle & Sebastian, voilà 10 jours maintenant, je me suis senti tout moisi en réalisant que je ne trouvais qu'une seule chose à en dire: "C'est du Belle & Sebastian". Et là, ma conscience professionnelle a commencé à me tarauder, je m'imaginais penaud, vous livrant à vous, mes fidèles millions de lecteurs, une critique aussi brève que péremptoire: "C'est du Belle & Sebastian". J'ai donc pris les choses en mains, j'ai respiré un grand coup et je me suis immergé dans la discographie complète des écossais. Je mangeais Belle & Sebastian, je dormais Belle & Sebastian, je travaillais Belle & Sebastian. Et au final, il faut admettre que "The Life Pursuit" n'est pas qu'un autre album de Belle & Sebastian. Si on retrouve les instrumentations riches et les arrangements finement ciselés du groupe, ce dernier album met en effet davantage l'accent sur le rythme, poussant la basse un peu plus en avant qu'à l'accoutumée et jouant davantage sur le contre-temps. De là à parler d'album funk comme on l'a entendu, c'est quand même largement excessif... Non, "The Life Pursuit" retouve la fougue de "Tigermilk" et "If You're Feeling Sinister", en un peu plus groovy, après le passage mollasson qui a régné jusqu'à leur avant dernier opus "Dear Catastrophe Waitress" (presque unanimement condamné par les fans, mais pas pire à mon humble avis que "Fold Your Hands..."). Bref, avec plus d'énergie ("For The Price Of a Cup of Tea", "To Be Myself Completely", "Funny Little Frog"), plus de vitalité que les précédents albums, "The Life Pursuit" est l'album "américain" de Belle & Sebastian. Pas une révolution, mais c'est quand même plaisant.

Par NedLabs
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Mercredi 17 mai 2006

Sortie Mai 2006

The Raconteurs, c'est tout d'abord un argument commercial de poids: Le chanteur-guitariste des White Stripes accompagné par trois Greenhorses, de quoi changer notre Jack White des beats binaires de sa soeurette, et de ses productions minimalistes habituelles. Et il s'avère en effet que "Broken Boy Soldiers" a davantage vocation à devenir un album tubesque pour le début de l'été qu'un disque underground à l'esthétique et l'esprit très travaillés. Le premier titre ("Steady as she goes") annonce d'ailleurs la couleur, dans l'esprit Britney Spears, entre "Hit me baby one more time" et "Oops, I did it again" (si,si! écoutez le bien...). La suite est moins racoleuse et les Raconteurs déroulent un rock énergétique mais sans débordements d'originalité ("Hands", "Intimate secretary", "Level"), avec de petites gouttes de légèreté ("Together" pour la mélancolie, "Yellow Sun" pour le fun) assez classiques elles aussi. Reste un "Store Bought Bones" au son très intéressant, genre bottleneck sur une slide-guitar branchée sur le synthé de Ray Manzarek (en tout cas, ça fait son petit effet), et le très soul et non moins excellent "Blue Veins". Les Raconteurs nous gratifient d'un album qui se laisse très facilement écouter, un peu trop pour qu'il soit totalement honnête: sympathique et varié, Broken Boys Soldiers pêche par un certain manque de caractère et ses maigres 34 minutes (les Raconteurs sont un peu les éjaculateurs précoces du rock). Bien mais pas top.

Par NedLabs
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