Nevermind the Blogs!

  • pochettesN5881.jpg

Critico-Blog

Critico-blog
Recommandé par des Influenceurs

Disques de passage

Jeudi 13 septembre 2007

steam-copie-1.jpg Sortie 1969

C’est en furetant de plus en plus fréquemment sur l’excellent blog Electric Buffalo que m’est venue l’envie de dépoussiérer certains grands disques blues-rock des 70’s - dans la limite de mes modestes références dans ce domaine – injustement boudés par le succès, ou tristement sous estimés. C’est ainsi qu’au détour de la discographie de Hot Tuna, je me penchai sur le cas Steamhammer. En effet, à une époque où la vague du British Blues Boom a déjà largement déferlé et où l’on s’essaye à d’autres expérimentations (prog et hard rock), ce quintet briton accouche d’un premier album modèle, prouvant que le style n’est pas mort quand l’inspiration est au rendez-vous. Sorti sous le nom de Reflection un peu partout, mais sans titre et avec une pochette autrement plus tolérable en Allemagne, la galette se révèle en effet être d’une qualité rare. Ouvrant le disque sur un petit thème folkeux mélancolique ("Water"), Steamhammer essaye de tromper son monde avant de dévoiler le programme sur la deuxième piste ("Junior’s Wailing") : riff blues-rock tueur, basse monstrueuse et la voix pincée de Kieran White qui emballe le tout. Prenant à contrepied ceux qui pensent précisément que cette voix manque de profondeur bluesy, White enchaîne sur la fantastique ballade "Lost you Too". Et à ceux qui trouvent que ces blues manquent un peu d’originalité, Steamhammer envoie "She’s the Fire", prouvant que le groupe a digéré l’expérience hendrixienne, wah-wah à l’appui. Et la déferlant continue : excellentes reprises de BB King sur "You’ll never Know", et d’Eddy Boyd sur "Twenty Four Hours", mais surtout des titres originaux fantastiques, comme ce "Even the Clock" à l’accroche évidente, ou "Down the Highway", qui se permet d’inviter un flûtiste pour mettre, le temps d’une chanson, Jethro Tull au placard (si, si !). Bruitages de crash automobile et c’est le retour à un blues plus roots sur "On your Road", puis "When All your Friends are Gone", faisant toujours la part belle à la voix décidément extrêmement riche de White. L’album se referme sur Water (part 2), reprenant les arpèges tristes du début. Steamhammer, formation à géométrie variable trouve ici un équilibre unique pour créer un disque énorme, injustement effacé par les prolixes ténors de l’époque (Fleetwood Mac, Ten Years After…). Pourtant, la bande à White, Pugh et Quittenton (peut-on faire plus anglais comme patronymes ?) signe ici un album intemporel qui mérite largement que l’injustice soit réparée…

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 22 novembre 2007

spi.jpeg Sortie 1970

Chez Spirit, on fait un peu du rock en famille. C’est en effet à l’initiative du beau-père de Randy California (guitariste et ex-compère d’un certain Jimi Hendrix dans une formation antérieure à l’Experience), Ed Cassidy, que ce combo se forme en 1967. La postérité n’a retenu de Cassidy que le fait qu’il était chauve et ancien batteur de Jazz, et de Randy California que sa toison improbable et sa mort par noyade. Dommage, car la musique de Spirit est exceptionnelle à bien des égards, et ce Twelve Dreams of Dr. Sardonicus est un album majeur dans leur discographie, concept-album dont on a du mal à saisir le concept, sinon que ses 12 titres forment sans doute les 12 rêves en question, et s’apparentent souvent davantage à de simples thèmes ou intermèdes qu’à des chansons structurées. Ce qui frappe d’emblée à l’écoute du disque, c’est qu’il aurait pu sortir il y a deux semaines. La production est impeccable et met parfaitement en valeur les compositions bondissantes du groupe. S’ouvrant pour certains par de petites introductions désuètes ("Nothin’ to Hide", "Love Has Found" a Way", "Space Child"), les titres explosent ensuite et dévoilent la maestria des musiciens. Spirit est un groupe mutant avec des bouts de chromosomes de Hendrix (pour la sorcellerie des sons de guitare), de Crosby, Stills & Nash (pour les harmonies vocales) et de Led Zep (pour la section rythmique volontiers heavy tout en maintenant un groove certain) : autant dire qu’on a vu des patrimoines génétiques plus dégueulasses que ça. Les instrumentations sont riches, mais sans lourdeur, claviers, cuivres et saxophone tout particulièrement sur le tubesque "Mr. Skin" ainsi que le futuriste et jazzy "Space Child". Le reste de l’album est d’ailleurs à l’avenant, de "Nature’s Way" (un des rares titres de Spirit à avoir flirté avec le top des charts), petite perle folk-rock tombée de nulle part (ce canon à deux voix sur le couplet…) aux fulgurances pop-rock dangereusement dansantes que sont "Street Worm" et "Morning Will Come", qui explosent les carcans traditionnels du rock psyché (n'oublions pas que nous sommes en 1970). Au final, même les morceaux un peu plus mous-du-genou affichent quelques passages sympathiques ("Life has just Begun", et "Soldier" qui boucle l'album en reprenant l'arpège de départ). Spirit fait partie de ces groupes qui, l’air de rien, forgent des compositions fines et classieuses dans ce qui semble être de grosses machines pop au premier abord. Mais la résistance exceptionnelle de leur musique à l’épreuve du temps ne saurait mentir : c’est du lourd, du très lourd. Sachant qu’en plus de ça, les albums du groupe se prélassent périodiquement dans les bacs à soldes, pourquoi se priver ?

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 7 décembre 2007

ig.jpg Sortie 1977

Il est 5h du matin et les basses font trembler les vitres du vieux manoir victorien. Au sous-sol de la bâtisse, Charles Manson exhibe son déhanché diabolique au milieu de la piste de danse, ses mouvements saccadés par les flashs du stroboscope. Au bar, Louis-Ferdinand Céline descend absinthe sur absinthe, en grande conversation avec David Lynch, élève la voix pour se faire entendre au beau milieu du vacarme ambiant ("Sister Midnight"). Une créature androgyne tout de cuir vêtue aligne les verres de liqueurs sur le comptoir maculé de sang coagulé, qu’une armée de danseurs blafards aux longs imperméables en plastique noir brillant viennent vider d’un trait. L’atmosphère de la salle est brûlante. Les danseurs retournent au charbon sur les imprécations hypnotiques de maître Iggy ("NightClubbing") et s’initient à la danse dite "de la bombe atomique". Des sortes de Village-People version zombie débarquent dans la salle, le maquillage leur coule sur les joues. Passablement avinés ils chantent en chœur, d’une voix rauque et monocorde, « All aboard for Funtime !» ("Funtime"). La fête tourne à l’aigre, Louis-Ferdinand Céline a saisi un des Village-People par le col, prêt à en découdre. Iggy vient remettre tout le monde en place et paralyse l’audience avec une chanson glaçante sur laquelle il se lance dans un tango effréné avec une jeune beauté vraisemblablement morte depuis plusieurs heures ("Baby"). Une bonne demi-douzaine de colosses en uniformes nazis, adossés au mur, applaudissent en cadence ("Dum Dum Boys"). Puis David Bowie débarque, en robe de soirée, paupières noircies de khôl et fume-cigarette aux lèvres, pour épauler son pote Iggy dans une ballade sautillante ("China Girl"). Les premiers rayons de l’aube pénètrent déjà dans la salle enfumée par les soupiraux, et les fêtards épuisés se lancent dans un dernier slow dégoulinant, assommés par le son d’un saxophone lui aussi fatigué ("Tiny Girls"). La nuit s’achève, glauque, poisseuse. Les invités sortent l’un après l’autre, vampires fuyant le jour, le cerveau en sommeil encore bercé par une méchante rengaine entêtante ("Mass Production"). C’est à peu près la façon dont se déroule l’album The Idiot, d’Iggy Pop, bande son idéale d’une fête nocturne décadente, et parfaite fusion entre la production arty de David Bowie et la voix menaçante de l’Iguane. Un gros morceau de Rock, parfois même un peu trop gros et un peu trop sombre pour être avalé d’un coup, mais assurément un album révolutionnaire.

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 17 décembre 2007
pix.jpg Sortie 1990

Voilà un disque qui est passé très très près de la rubrique Incontournables… Et, pourtant, rien ne le destinait au départ à intégrer mon Panthéon personnel du rock. Replaçons-nous dans le contexte, c'est-à-dire ma découverte d’un groupe répondant au nom chantant de Pixies. Pour moi, comme pour beaucoup je pense, c’était d’abord un titre, "Bailey’s Walk"… Comment-ça pas vous ?! Trêve de plaisanterie, c’était bien sûr "Where is my Mind", hymne entêtant dont on ne se souvient même plus l’avoir entendu et qui pourtant s’insinue au plus profond de l’esprit pour vous transformer en bête furieuse avec pour unique objectif de trouver l’album correspondant. C’est là que le destin frappe un grand coup. Comme c’est souvent le cas, le disquaire local possède la discographie complète du groupe sauf celui qui vous intéresse – Ah ! Vous avez remarqué vous aussi ? –. Frustré au possible, je décidai donc de choisir plus ou moins au hasard un autre album. C’est bête mais je crois que j’ai choisi Bossanova à cause des noms des titres qui sonnaient un peu plus couillus que ceux des autres albums ("Rock Music", "Blown Away", "Stormy Weather"…). A cette époque, mon disque de chevet est In Utero. Autant dire que la première écoute de Bossanova me laissa quelque peu pantois. Je trouvai bien quelques titres accrocheurs comme "Rock Music" ou "Hang Wire", certains trucs franchement intrigants comme "The Happening", "Ana" ou les scansions de Black Francis sur "Dig for Fire", pas mal de refrains pop sucrés comme "Allison" ou "All over the World", mais cet emballage qui me semblait à la limite de la New Wave, ces sonorités si étranges pour mes oreilles immergées dans le Grunge… Ca ne prenait pas vraiment, mais ça avait le parfum du mystère. Ce n’est que des années plus tard, une fois le reste de la discographie du groupe à peu près digérée que j’ai eu réellement envie, de réécouter Bossanova. Et là j’ai compris. Cet album, un peu à part dans la discographie des quatre de Boston, c’est du Pixies pur jus. Du concentré de ce qui fait l’âme du groupe, sans artifices. Un peu ce que Mellon Collie est aux Smashing Pumpkins. Un album décomplexé, dans lequel le groupe laisse libre cours à ses envies, sans souci d’emballage. Si ça ne rend pas un album essentiel (Surfer Rosa reste pour moi une référence ultime parce qu’il inaugure le style Pixies tout en l’intégrant dans des structures rock plus classiques, avec des refrains imparables, mais nous en reparlerons…), ça en fait en tout cas un objet symptomatique de l’esprit du groupe. Aujourd’hui, je réécoute avec un plaisir fou ces excentricités géniales que sont "Ana" ou "The Happening" (sans doute parmi les morceaux les plus sous-estimés du groupe, boudés par les Best-Of), ou encore les électrisants "Down to the Well", "Blown Away" ou "Hang Wire", autant de perles qui figent à jamais ce que sont les Pixies: le plus grand groupe de rock du monde. Dieu que c’est bon...

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 10 janvier 2008

vfem.jpg Sortie 1983

Non, les années 80 n’ont pas engendré que la New Wave et le Disco, et l’on peut redécouvrir aujourd’hui avec plaisir quelques combos proposant un son différent, qui avaient réussi à se cacher derrière les nappes de synthés et les beats binaire. Les américains de Violent Femmes font partie de ces groupes quelque peu oubliés faute de s’être conformés au son et au style de leur époque – et pas seulement de celle-ci, d’ailleurs. Pourtant, ce premier album éponyme du groupe, daté de 1983, est tout ce qu’il y a de plus réussi, bien qu’il surprenne au premier abord par ses instrumentations : après les déferlantes électriques et synthétiques sur le rock, le groupe opte pour un son sec et tout acoustique : guitare et basse électro-acoustiques, set de batterie réduit. L’absence de basse électrique tissant une toile de fond fluide contribue en particulier à rendre l’ensemble très chaotique et nerveux, soutenant à merveille la voix possédée du chanteur Gordon Gano. Car l’absence de saturation, de basse subsonique et d’une batterie mularde n’empêche pas le groupe de verser rapidement dans ce que l’on pourrait qualifier de Folk-Punk énervé. Pourtant, Violent Femmes ne s’enferme jamais dans un carcan musical : l’album s’ouvre sur un très pop "Blister In The Sun", avant d’enchaîner sur "Kiss Off", nettement plus rageur puis sur un reggae pleurnichard et génial avec "Please Do not Go". Les choses se corsent ensuite avec "Add It Up", titre phare de l’album qui témoigne de l’héritage Punk du groupe, et l’érige en pendant Folk du Gun Club. Rythmique effrénée, lyrics vengeresses et chant psychotique contribuent à en faire un titre aussi violent qu’accrocheur. Imprévisibles, les trois larrons poursuivent avec le lent et inquiétant "Confessions" et sa berceuse insidieuse à la contrebasse. Mention spéciale, par ailleurs, au bassiste Brian Ritchie, qui soutient l’album de bout en bout avec son style aussi mélodique qu’élastique (particulièrement sensible sur "Add It Up"). La suite réserve également son lot de bonnes surprises avec l’urgent "Promise", et un retour aux inspirations pop sur "Gone Daddy Gone" et son refrain imparable. Ultime changement de registre pour la chanson qui conclue l’album, apaisée mais amère, et qu’on croirait tout droit sortie du deuxième album du Velvet Underground. Dans les bonus appréciables présent sur les rééditions CD, on trouvera notamment "Gimme The Car", dont les paroles décapantes ne dépareillent pas avec les autres titres névrosés de l’album. Pas de raison, donc, de se priver de ce petit bijou qui passera à merveille entre deux Gun Club.

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Lundi 21 juillet 2008

Sortie 1969

Le saviez-vous ? Le Stoner Rock a été inventé en 1969 par Ten Years After. Bon, trêve de plaisanteries, mais l’auditeur pourra quand même être troublé à l’écoute de certains titres de l’excellent album qu’est Ssssh, quatrième opus du quartet américain. Ce piano hystérique sur fond de basse binaire en intro de "Bad Scene" semble réellement sorti d’un album des Queens Of The Stone Age. De même que la basse rouleau-compresseur et le phrasé d’Alvin Lee sur "Stoned Woman". Mais au-delà de ces petites saillies avant-gardistes, qu’est-ce qui fait de Ssssh un disque à réécouter ? D’abord le fait que l’on a trop souvent tendance à oublier les productions de Ten Years After, et à réduire le groupe à son leader Alvin Lee, l’homme qui joue ses notes plus vite que son ombre, l’équarisseur de solos de Woodstock 1969, bref le technicien gratteux que l’on a vite fait de considérer comme stérile artistiquement parlant. Et pourtant… Même si Alvin Lee se permet de tricoter quelques solos démonstratifs (la reprise de "Good Morning Little Schoolgirl"), il suffit d’une écoute de cet album pour réaliser que Ten Years After n’a pas grand chose à voir avec le Johnny Winter And, et pour mesurer son apport dans le monde du Rock. Il y a déjà du AC/DC et du ZZ Top (oui, je sais, certains auront déjà fui à l’évocation de ces noms) dans ces Blues envoyés frénétiquement et tout en rondeur, soutenus par la basse de Leo Lyons. On pourra prétexter que la vague Led Zeppelin est déjà passée par là, mais on est ici dans quelque chose de moins heavy, de plus fidèle à l’esprit Blues originel, souligné par un clavier tout en finesse fort bienvenu. Du Power-Blues contre le Heavy-Blues, finalement… Au milieu de tout ça trônent deux titres pop qui pourront offenser les puristes : "If You Should Love Me", plutôt sympathique et versant dans la Soul, et en revanche l’horripilante rengaine flower-power "I Don’t Know That You Don’t Know My Name". Mais ne serait-ce que pour les deux titres hypnotiques qui concluent l’album ("The Stomp" et "I Woke Up This Morning"), on ne peut que recommander ce disque un peu trop vite oublié, et qui ravira tout amateur de Blues-Rock poilu ayant déjà éclusé toute la discographie de Steppenwolf.

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 22 septembre 2008

Sortie 2005

Quel odieux complot a bien pu éloigner la musique de Dead Meadow si longtemps de mes oreilles ? J’avais découvert il y a quelques mois de ça leur album Howls From the Hills, et m’étais bêtement arrêté sur ce disque sympathique mais pas transcendant, avec cependant un acoustique planant qui m’avait scotché pendant quelques heures d’écoute en boucle, l’intrigant "The One I Don’t Know". Et puis voilà qu’un beau jour, je tombe sur la chronique de leur dernier opus Old Growth chez l’ami Klak qui avait par ailleurs eu la bonne idée de mettre un morceau en écoute. Grosse claque. En 2 minutes 30, Dead Meadow devient mon groupe préféré pour les dix années à venir. Une semaine après, j’avais réuni les cinq albums studio du gang. Deux semaines plus tard, je n’écoute encore que ça. Difficile de ne vous parler que d’un album en particulier après m’être pris en pleine gueule trois monuments (chronologiquement Dead Meadow, Shivering King and Others et Feathers). Toutefois, avec un minimum de recul, ce Feathers en date de 2005 l’emporte sur ses grands frères. Dead Meadow, c’est la synthèse. Evidemment, ces petits gars imprégnés de culture psyché 70’s ont des racines solides : Black Sabbath pour les riffs et les ambiances, Hendrix pour l’incessante pédale wah wah, Blue Cheer pour le son mastodonte. Mais aussi sans aucun doute les albums de Earth, pour les rythmiques ultra traînantes, les superpositions de guitares saturées, les thèmes oppressants. Avec cette formule magique, Dead Meadow a pondu quelques albums de Heavy Rock planant de premier ordre. Mais le petit plus de Feathers par rapport aux autres opus du groupe, c’est un son proprement hallucinant. Un son de cathédrale. En démultipliant les empilements d’instruments, en poussant encore davantage la basse et la batterie devant. Et surtout en calant des arrangements incroyables par-dessus. On peut écouter Feathers en se laissant simplement hypnotiser par la section rythmique, mais tout se passe en arrière plan, dans ces lignes de guitare tantôt cristallines, tantôt hurlantes, déchirées, qui rappellent plus d’une fois Radiohead période OK Computer. Ouais, du Radiohead heavy. Du génie, je vous dis ! De l’intro épique de "Get Up On Down" aux arpèges éthérés de "Heaven" en passant par la slide en stéréo qui s’invite sur la charge finale de "At Her Open Door". Si les titres s’essoufflent un peu vers la fin de l’album (Un "Stacy’s Song" comme un hommage à Anton Newcombe, un "Through the Gates..." bouche trou, et un "Untitled" plus dans la veine du premier album), on se prend quand même 57 minutes délectables de remplissage total de l’espace sonore. Qu’on se le dise : Dans vingt ans, ne pas connaître Dead Meadow ce sera comme ignorer l’existence de Led Zeppelin.

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 23 octobre 2008

Sortie 2006

Cet album fait partie des rescapés de l’abandon, arrivé presque par hasard dans mon escarcelle après une écoute assez enthousiaste dans une FNAC des plus classiques : un trentenaire lunetteux arborant le boléro vert-et-jaune-moutarde de la maison bardé de badges "Punx Not Dead" rangeait consciencieusement la discographie des Talking Heads dans le bac Metal après avoir abruptement déclaré à un jeune boutonneux aux long cheveux gras qu’il n’avait aucune référence sous le nom "Pussy Mowners From Outer Space", tandis que deux petites skateuses planquées sous une masse de dreadlocks perlées partageaient leur casque à l’écoute du dernier brûlot de NOFX. Rien ne prédisposait à la découverte d’un petit bijou. Juste une bonne impression, un son de guitare qui claque, deux ou trois riffs qui accrochent. Hop, 14,99€ c’est dans la poche, et retour à la maison. Et puis voilà, deux ans passent, et cette galette est toujours aussi séduisante. Elle revient même de plus en plus souvent dans le lecteur. Et mérite donc que j’en dise un mot dans ces lignes. Archie Bronson Outfit est un combo anglais de Wiltshire (non, je ne sais pas non plus où c’est), déjà responsable d’un album en date de 2005 (Fur), qui propulsait un mélange délicieux de Rock urgent et de Blues toxique dans nos esgourdes. Mais, bon, à l’heure où j’achetai leur dernier opus, Derdang Derdang, ils n’étaient rien d’autre que de sinistres inconnus. Mais des inconnus qui ne partageaient avec le justicier moustachu pas que leur patronyme (Bronson, suivez, un peu, quoi…), mais aussi ses méthodes expéditives. Derdang Derdang est un condensé de Rock menaçant envoyé à un rythme effréné, sous la houlette d’un inquiétant chanteur qui déclame son texte comme un dangereux psychotique. ABO annonce la couleur d’entrée de jeu avec "Fat Cherry Lips", riff entêtant et rythmique tribale – voire vaudou – et on est envahi par la désagréable impression que quelqu’un est en train de mettre chacun de nos nerfs du bras gauche à vif et d’y planter de fines épingles préalablement trempées dans de la soude avant de les remuer l’une après l’autre. Euh, le panard, quoi. Le titre d’ouverture enchaîne à un rythme de cavalcade forcenée, avec un son de guitare impeccable, genre Beggars Banquet en plus crade, et le refrain perd carrément les pédales sur "Kink". La suite est à l’avenant : "Dart For My Sweetheart" est une montée en puissance démentielle avec des chœurs complètement incongrus mais bizarrement géniaux, "Dead Funny" le truc qui passerait dans toutes les discothèques le samedi soir si les Stooges avaient gagné la guerre (Oui, c’est du plagiat de H.S. Thompson). Vous connaissiez le Blues atmosphérique ? Inutile de vous rendre dans un Buddha Bar pour bouffer du soja, ABO vous offre Cuckoo, 4 minutes 10 secondes de survol des champs de coton à 20 000 mètres. J’ai du mal à continuer, la suite de l’album est dans la même veine parfaitement flinguée, violente et hypnotique ("Jab Jab", "Rituals"…). Si on peut penser à tort à Franz Ferdinand en écoutant cette voie décavée et hautaine toute britannique, ce qu’offre l’Archie Bronson Outfit est tout différent. Du Rock à guitares brûlant et déglingué. Espérons qu’ils ne soient pas morts depuis.

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 21 décembre 2008
Sortie 2005

Aujourd’hui, apprenons à pourrir nos fêtes de fin d’années en compagnie de Earth… Eh oui, on sait ce que c’est, Noël approche, les rues se parent de guirlandes chatoyantes, les magasins ne désemplissent pas, partout des haut-parleurs diffusent des chansons de circonstance, pleines de grelots et de chœurs enfantins. Et vous, ça vous les brise violent tout ça. Alors, on ne saurait trop vous recommander en rentrant chez vous une petite dose de l’album Hex ; Or Printing in the Infernal Method, histoire de se relaxer dans ce rude contexte. Ce petit bijou paru en 2005 est en effet un concentré de noirceur anxiogène salvateur. Il faut dire qu’Earth a un sacré passif dans le domaine. Déjà OVNI au moment de sa formation en pleine explosion grunge, le groupe propulsait un espèce de Metal lourdissime, ralentissant les riffs jusqu’à ce qu’il n’en reste plus au final qu’un amas d’électricité compact et vrombissant – écouter leurs deux premiers opus jouissifs et déroutants parus chez Sub Pop. Au milieu de ces délires soniques, on trouvait quelques chansons assez fantastiques tant par leurs titres que musicalement ("Tibetan Quaaludes", "Teeth Of Lions Rule The Divine"…), avec une vilaine tendance et plonger l’auditeur dans un état de dépression profonde accompagnée de troubles paranoïaques. De la Downer Music, de la vraie. Rajoutez à ça que le cerveau du groupe, le riant Dylan Carlson est l’individu qui, selon la rumeur, a eu la bonne idée d’offrir un fusil à pompe à un Kurt Cobain qu’on imagine au sommet de sa forme morale début 1994, et vous pouvez vous imaginer à quoi peut ressembler la music de Earth. Bref, après quelques années d’errance, Carlson et ses sbires revinrent avec ce fantastique Hex (…), qui dégage toujours une ambiance aussi primesautière, et c’est peu de le dire. Comme à son habitude, Earth a opté pour le tout instrumental, mais a baissé la saturation et s’est emparé de quelques instruments traditionnels (banjo, trombone, percus…), plantant 45 minutes durant un décor de Western vaudou et complètement déglingué. Mais impossible de parler de ce disque sans mentionner aussi le livret qui l’accompagne et fait partie intégrante de l’œuvre : une dizaine de pages de photos sépia d’un autre siècle pour le moins angoissantes, portraits de personnages aux regards vides, paysages désolés, fosses communes… Plus qu’un disque, cet album est un objet maléfique, un de ces artefacts maudits et fascinants qu’il ne faut surtout pas posséder. C’est trois quart d’heure d’angoisse mal définie, de vague cauchemar, comme un vent glacial sur un sommet dégarni des Appalaches, et vous, vous êtes là, dans cette vieille baraque grinçante, mais si, vous savez, celle qui a été construite au dessus du vieux cimetière indien. Neuf titres trainants avec des moments de grâce absolue dans l’inquiétude ("The Felon Wind"). On ressort de cette expérience un peu sonné, on replace ce diamant noir dans son écrin que l’on cache dans un coin de sa discothèque, tremblant, sachant pertinemment qu’il reviendra nous hanter sous peu. Vous allez adorer les chants de Noël…

Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 17 janvier 2009
Sortie 2001

Tout d’abord, chers amis, tous mes vœux pour cette nouvelle année… Mais attention, je vous avertis d’emblée : pas d’année 2009 réussie sans l’acquisition immédiate de ce chatoyant coffret de quatre disques sobrement intitulé Nuggets II : Original Artyfacts from the British Empire and Beyond, qui tient précisément du joyau. Les habitués auront bien entendu compris que cette compilation s’inscrit dans la lignée du Nuggets premier du nom (Original Artyfacts from the First Psychedelic Era) compilé en son temps par Lenny Kaye, le guitariste très geek du Patti Smith Group. Du Garage donc, ou du bon son Mod ou Psychedelia ou Freakbeat ou tout autre terme utilisé pompeusement pour désigner les mélodies juvéniles d’une décennie 60’s où les groupes à guitares et orgue Hammond fleurissaient comme une vilaine acné sur les joues d’un adolescent liverpudlien au mois d’avril. Sauf que contrairement à la compilation originelle qui se focalisait sur la scène américaine, ce deuxième objet s’intéresse au versant british de l’affaire, sans que ce soit restrictif puisque c’est tout le Commonwealth qui est représenté ici, et plus encore avec d’obscurs groupes d’Espagne, des Pays-Bas, ou encore d’Uruguay ou du Pérou (!). Bref, quatre disques bourrés raz-la-gueule de tubes en puissance, avec un son parfois improbable, mais interprétés avec une inventivité et un enthousiasme aussi évident que communicatif. On croise bien sûr dans le lot quelques pointures (Pretty Things, Small Faces, Van Morrison…), qui ne sont pas franchement les plus jouissifs, tant les innombrables oubliés bricolent des titres de génie. Il y a de tout. Des sous-Beatles frustrés, des parodies des Stones ou des Who vachement plus énervés. Des pseudo-Kinks ayant manifestement avalé trop d’acide. Des copieurs plus ou moins bien inspirés et compétents. Voire des incompétents notoires qui par un coup de bol pondent une chanson démentielle. En tous les cas, rien ou presque n’est à jeter. On fait des constats étonnants : les Open-Mind auraient manifestement pu être de bon Stooges ; les Mockingbirds sont indéniablement des orfèvres en matière de tubes pop ; les Easybeats ont eux aussi contribué à inventer le Punk; The Move est définitivement un groupe perché ; "All Night Stand" de The Thoughts est une très grande chanson ; The Slaves dépote autant que The Monks… 109 titres et presque autant de groupes, de quoi plonger quelques heures en plein cœur des sixties, époque bénie où toutes les mélodies font mouche, où les garages vibrent de rébellion électrique, où les concerts débordent d’énergie sexuelle, où les costards se portent brillants, si possible avec une bonne grosse tignasse qui tombe sur les yeux. De quoi rendre bien-tristoune l’ère post-Woodstock aux productions si bien léchées. Pour ne rien gâcher, le coffret comprend en plus de tous ces trésors un livret bien fourni avec témoignages, bio rapide de tous les groupes, le tout accompagné de photos kitsch à souhait… Le bonheur, quoi. Vous l’avez compris, si vous ne pouvez pas l’acheter, volez-le !
Par NedLabs
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés