Sortie 1969
C’est en furetant de plus en plus fréquemment sur l’excellent blog Electric Buffalo que m’est venue l’envie de dépoussiérer certains grands disques blues-rock des 70’s - dans la limite de mes modestes références dans
ce domaine – injustement boudés par le succès, ou tristement sous estimés. C’est ainsi qu’au détour de la discographie de Hot Tuna, je me penchai sur le cas Steamhammer. En effet, à une époque où
la vague du British Blues Boom a déjà largement déferlé et où l’on s’essaye à d’autres expérimentations (prog et hard rock), ce quintet briton accouche d’un premier album modèle, prouvant que le
style n’est pas mort quand l’inspiration est au rendez-vous. Sorti sous le nom de Reflection un peu partout, mais sans titre et avec une pochette
autrement plus tolérable en Allemagne, la galette se révèle en effet être d’une qualité rare. Ouvrant le disque sur un petit thème folkeux mélancolique ("Water"), Steamhammer essaye de tromper
son monde avant de dévoiler le programme sur la deuxième piste ("Junior’s Wailing") : riff blues-rock tueur, basse monstrueuse et la voix pincée de Kieran White qui emballe le tout. Prenant
à contrepied ceux qui pensent précisément que cette voix manque de profondeur bluesy, White enchaîne sur la fantastique ballade "Lost you Too". Et à ceux qui trouvent que ces blues manquent un
peu d’originalité, Steamhammer envoie "She’s the Fire", prouvant que le groupe a digéré l’expérience hendrixienne, wah-wah à l’appui. Et la déferlant continue : excellentes reprises de BB
King sur "You’ll never Know", et d’Eddy Boyd sur "Twenty Four Hours", mais surtout des titres originaux fantastiques, comme ce "Even the Clock" à l’accroche évidente, ou "Down the Highway", qui
se permet d’inviter un flûtiste pour mettre, le temps d’une chanson, Jethro Tull au placard (si, si !). Bruitages de crash automobile et c’est le retour à un blues plus roots sur "On your
Road", puis "When All your Friends are Gone", faisant toujours la part belle à la voix décidément extrêmement riche de White. L’album se referme sur Water (part 2), reprenant les arpèges tristes
du début. Steamhammer, formation à géométrie variable trouve ici un équilibre unique pour créer un disque énorme, injustement effacé par les prolixes ténors de l’époque (Fleetwood Mac, Ten Years
After…). Pourtant, la bande à White, Pugh et Quittenton (peut-on faire plus anglais comme patronymes ?) signe ici un album intemporel qui mérite largement que l’injustice soit
réparée…



Sortie
1977
Sortie 2005
Sortie 2006
Sortie 2005
