Johnny Cash - American VI : Ain't No Grave

Publié le par NedLabs

 

johnny-cash-american-VI.jpg

Sortie Février 2010


Même pas mort ! Sacré Johnny Cash, non content de s’être enquillé 50 années de carrière en dent de scie, il semblerait que même les vers ne viennent pas à bout de sa dépouille. Ras la gueule des racines de pissenlits, le Johnny, aussi a-t-il décidé de quitter temporairement le caveau familial, histoire de sortir son deuxième album posthume, rien que ça. Et c’est toujours sous la houlette du facétieux Rick Rubin qu’il livre le tout nouveau American VI : Ain’t No Grave, dans la droite et sombre lignée des American Recordings. Bon, allez, une petite rétrospective pour ceux qui auraient passé les quinze dernières années dans une prison ouzbèke et pour les fans de Sliimy : les American Recordings constituent une série d’enregistrement démarrée en 1994 face au regain de popularité pour les chansons de Cash. Le très poilu Rick Rubin, alors au sommet de sa gloire pour avoir produit tout ce qui allait hélas être défini comme le son des 90’s (du speed-métal crasse-poil à Run DMC) a alors cette idée de génie qui consiste à faire enregistrer au vieux Johnny plus ou moins en bout de course quelques compos originales mêlées à des reprises rock et pop plutôt contemporaines et des classiques country et blues, le tout avec un son acoustique dépouillé et ténébreux, mettant en avant les craquements de cordes vocales de l’homme en noir. Quatre volumes succèdent au triomphe immédiat du premier album, d’une qualité relativement constante, malgré des idées de reprises plus ou moins heureuses (Cash sings Nine Inch Nails, c’est parfait, Cash sings Simon & Garfunkel, ça craint). On retiendra essentiellement les volumes impairs, tient, c’est marrant, ça. 2003 : Cash casse semble casser définitivement sa pipe laissant derrière lui quasiment trois générations de fans éplorés. 2006 : Première résurrection et parution du American V, impair donc forcément bien. Même si la voix du Maître commence à sérieusement sentir le sapin, il s’en dégage une intensité fabuleuse (réécouter "God’s gonna Cut You Down", prophétique et rédempteur, lugubre à souhait, où la fantastique ritournelle country "Further On Up the Road". Un petit chef d’œuvre, et sans doute le plus émouvant de tous les albums posthumes. 2010, donc. Rubin, lassé de produire les anciennes gloires des 90’s qui pourrissent sur pied, tente de nous refaire le coup de l’émotion et ressort de ses tiroirs quelques titres oubliés des sessions American. Alors on se laisse forcément attendrir, tout ça est bien dans la lignée historique, avec notamment le très puissant et fantomatique "Ain’t No Grave ", son banjo perdu, ses échos malsains et ses bruits de chaînes, qui rivalise dans le genre avec "God’s Gonna Cut You Down". Et puis il y a une bonne reprise de Sheryl Crow. Et puis… tout ça s’essouffle un peu malgré quelques classiques country honnêtes et une bonne dose de Bible, mais, cruel constat, la voix n’y est plus vraiment. Et ce "1st Corinthians 15:55" est loin du niveau habituel des compositions de Cash. Bref, malgré une production au cordeau, tout ça sent un peu le remplissage autour de 3-4 titres vraiment indispensables. Ce qui est déjà beaucoup, me direz-vous… En attendant pour 2015 le American VII : I’ll Bury You All. Qui sera excellent, numéro impair oblige.


beat3.jpg

Publié dans Derniers-nés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Ned 04/03/2010 19:25


Ouaip... Connaissant mon assiduité, ce sera la prochaine ;p! Merci, Sys!


SysTooL 04/03/2010 13:25


On attend ta chro de 2015 avec impatience!