The Coral - The Coral

Publié le par NedLabs

Sortie 2002


Il faut reconnaître que devenir un bon groupe pop, ça doit quand même être une sacrée galère. Autant n’importe quel boutonneux avec deux trois phalanges intactes et une coordination neuromusculaire pas trop foireuse peut aisément faire tourner un riff à trois notes que d’aucuns trouveront génial, nerveux, novateur (pourvu de trouver les trois bonne notes et dans le bon ordre), autant l’ambitieux musicos peut passer des heures à façonner des arpèges et travailler des harmonies vocales pour finir par pondre une bouillasse jugée insipide aux oreilles du plus grand nombre. Oui, il est toujours plus facile de conchier les honnêtes bricoleurs de mélodies pop, qui fort souvent se plantent, que de relativiser le talent des souillons prétendument géniaux qui torchent 8 titres saturés et disparaissent corps et âmes avec les dollars. Et c’est aussi ça le rock n’ roll. Seulement voilà, comme il y a une justice, The Coral existe. The Coral, c’est la pop avec la classe. C’est les petits gars insolents qui viennent relever les compteurs à l’heure où Oasis se ringardise, ou plus personne ne sait ce que c’est que Blur et où la pop c’est la musique qu’écoute ta sœur. Alignant depuis 2002 des albums jamais très loin de la perfection, le quintette de Hoylake s’impose d’entrée de jeu avec ce premier album éponyme remarquable. Remarquable car il évite tous les pièges habituels des albums pop : répétitions, recherche effrénée du refrain catchy au détriment de l’inventivité, remplissage, ballades larmoyantes, son monotone, j’en passe et des pires… qui ont affecté les meilleurs des Stereophonics à Belle & Sebastian. Non, The Coral fourmille de petites innovations, crépite, varie les rythmes, les styles, les ambiances, les instruments, le tout avec un talent égal. On y entend de drôles de chansons de marins ("Shadows Fall"), des envolées pop parfaites ("Dreaming Of You", "Goodbye") des vrilles psychédéliques qui tournent au dub ("Calendars & Clocks"), des ralentis nonchalants sans jamais être ennuyeux ("I Remember When", "Waiting For The Heartaches"), le tout servi par une voix comme on voudrait en entendre plus souvent, qui enjolive les morceaux au même titre que les autres instruments en rentrant dans les ambiances (écouter "Simon Diamond", ou comment ressusciter Syd Barrett en 2 minutes 30)… Et comme si ce n’était pas suffisant, les petits gars osent avec succès les harmonies vocales (les trois voix du menaçant "Spanish Main" qui ouvre l’album), ne conçoivent pas un titre sans une rupture rythmique et ignorent les lignes de basse binaires. De la vraie pop british, classe comme un vieux pub verni de noir, fraîche comme une pinte d’ale sous un timide soleil d’avril. C’est bien simple, The Coral, c’est comme si les Kinks revenaient pondre un Village Green à raison de un par an, de vrais façonneurs de mélodies (à l’instar des très bon I Am Kloot, la voix horripilante en moins). Alors, même si l’on n’a plus trop de nouvelles d’eux depuis l’excellent Roots & Echoes en date de 2007, The Coral fait définitivement partie de ces groupes qui auront sauvé la pop. Merci.

Publié dans Disques de passage

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Clandestines 08/03/2009 19:49

Salut, On a organisé des " contre nme awards". Un concept assez simple où il faudrait voter. On attend vos choix. A+

Ned 05/03/2009 23:57

Non, c'est vraiment pas bien ;-)... En tous cas n'hésite pas à le faire, c'est du même acabit. Que du bon!

klak 05/03/2009 21:51

ha oui je me rappelle de ce disque j'avais beaucoup aimé, des singles impec, le clip de goodbye qui reprend le final du film the wicker man, de l'audace, aucun calcul, juste du talent. je n'ai pas écouté ce qu'ils ont fait par la suite et ça c'est pas bien.