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Recommandé par des Influenceurs
Jeudi 23 octobre 2008

Sortie 2006

Cet album fait partie des rescapés de l’abandon, arrivé presque par hasard dans mon escarcelle après une écoute assez enthousiaste dans une FNAC des plus classiques : un trentenaire lunetteux arborant le boléro vert-et-jaune-moutarde de la maison bardé de badges "Punx Not Dead" rangeait consciencieusement la discographie des Talking Heads dans le bac Metal après avoir abruptement déclaré à un jeune boutonneux aux long cheveux gras qu’il n’avait aucune référence sous le nom "Pussy Mowners From Outer Space", tandis que deux petites skateuses planquées sous une masse de dreadlocks perlées partageaient leur casque à l’écoute du dernier brûlot de NOFX. Rien ne prédisposait à la découverte d’un petit bijou. Juste une bonne impression, un son de guitare qui claque, deux ou trois riffs qui accrochent. Hop, 14,99€ c’est dans la poche, et retour à la maison. Et puis voilà, deux ans passent, et cette galette est toujours aussi séduisante. Elle revient même de plus en plus souvent dans le lecteur. Et mérite donc que j’en dise un mot dans ces lignes. Archie Bronson Outfit est un combo anglais de Wiltshire (non, je ne sais pas non plus où c’est), déjà responsable d’un album en date de 2005 (Fur), qui propulsait un mélange délicieux de Rock urgent et de Blues toxique dans nos esgourdes. Mais, bon, à l’heure où j’achetai leur dernier opus, Derdang Derdang, ils n’étaient rien d’autre que de sinistres inconnus. Mais des inconnus qui ne partageaient avec le justicier moustachu pas que leur patronyme (Bronson, suivez, un peu, quoi…), mais aussi ses méthodes expéditives. Derdang Derdang est un condensé de Rock menaçant envoyé à un rythme effréné, sous la houlette d’un inquiétant chanteur qui déclame son texte comme un dangereux psychotique. ABO annonce la couleur d’entrée de jeu avec "Fat Cherry Lips", riff entêtant et rythmique tribale – voire vaudou – et on est envahi par la désagréable impression que quelqu’un est en train de mettre chacun de nos nerfs du bras gauche à vif et d’y planter de fines épingles préalablement trempées dans de la soude avant de les remuer l’une après l’autre. Euh, le panard, quoi. Le titre d’ouverture enchaîne à un rythme de cavalcade forcenée, avec un son de guitare impeccable, genre Beggars Banquet en plus crade, et le refrain perd carrément les pédales sur "Kink". La suite est à l’avenant : "Dart For My Sweetheart" est une montée en puissance démentielle avec des chœurs complètement incongrus mais bizarrement géniaux, "Dead Funny" le truc qui passerait dans toutes les discothèques le samedi soir si les Stooges avaient gagné la guerre (Oui, c’est du plagiat de H.S. Thompson). Vous connaissiez le Blues atmosphérique ? Inutile de vous rendre dans un Buddha Bar pour bouffer du soja, ABO vous offre Cuckoo, 4 minutes 10 secondes de survol des champs de coton à 20 000 mètres. J’ai du mal à continuer, la suite de l’album est dans la même veine parfaitement flinguée, violente et hypnotique ("Jab Jab", "Rituals"…). Si on peut penser à tort à Franz Ferdinand en écoutant cette voie décavée et hautaine toute britannique, ce qu’offre l’Archie Bronson Outfit est tout différent. Du Rock à guitares brûlant et déglingué. Espérons qu’ils ne soient pas morts depuis.

Par NedLabs - Publié dans : Disques de passage - Communauté : Le Monde du Rock
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