The Standells - The Best Of

Publié le par NedLabs

Sortie 1984

Il s’en faut parfois de peu… Oui, bien sûr, on ne refait pas l’Histoire, mais on peut s’interroger : si les Standells avaient percé ne serait-ce que quatre ans plus tôt, la face du Rock n’en eût elle pas été changée ? Les Standells, c’est le groupe garage absolu. Cinq californiens glissés dans des chemises en satin, agressifs et arrogants, la tignasse taillée façon Brian Jones cachant leurs regards bovins. Mais outre le fait que leur unique tube "Dirty Water" figure en bonne place sur la compilation Nuggets, référence du genre s’il en est, les Standells sont sans doute les plus brillants plagiaires de leurs contemporains. Passés maîtres dans l’art de la reprise des classiques des Rolling Stones, Beatles et autres Kinks, avec des interprétations habitées, les Standells sont, on le sent bien, quand même plutôt Stones. En fait ils sont même plus Stones que les Stones, et quand ils balancent un "19th Nervous Breakdown", ils ne peuvent pas s’empêcher d’augmenter le tempo d’un cran et de faire sauter les fioritures pour nous livrer une version fruste et bestialement jouissive du machin. Et miracle, après avoir enchaîné trois brulots Garage de cet acabit, les affreux peuvent au choix vous asséner un "Eleonor Rigby" plus qu'honorable, un parfait tube Pop ("There’s a Storm Coming", "Barracuda") ou encore partir dans une vrille psychédélique qui n’a rien à envier au 13th Floor Elevators ("Medication", "All Fall Down"). Car les Standells excellent dans tous les domaines et signent au passage quelques compositions hargneuses rivalisant franchement avec le meilleur des Stones première période (mention spéciale au fameux "Mr. Nobody") et qui méritent d’être sorties de l’oubli : le fameux tube braillard "Dirty Water", mais aussi le menaçant "Black Hearted Woman" et la saillie punk "Riot On Sunset Strip", dont on a encore du mal à croire que le riff explosif a pu être accouché en 1967. Et pourtant… S’il faut aller chercher la paternité du Punk dans le Garage, les Standells constituent à côté des Sonics une grosse part de l’héritage. Les plus courageux pourront donc essayer de reconstituer la discographie du groupe, pas évidente à rassembler. Toutefois, l’acquisition de l’excellent Best Of de 1984 de Rhino constitue une première approche idéale du talent des bonshommes (à vous faire oublier cette exécrable pochette), une collection de petites bombes expurgée des pénibles dérives soul qui parsèment la plupart de leurs albums. Ne reste que la moelle, ces tubes intemporels qui partent dans tous les sens et renvoient définitivement les Count Five et autres Seeds au placard. Voilà, voilà, en complément de cette petite perle, il ne vous restera plus qu’à dénicher quelque part la reprise du cru de "Summer in the City". Oh, ben allez, je vous la donne en Deezer celle là. Elle est pas belle, la vie ?

Publié dans Albums incontournables

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NedLabs 22/09/2008 21:50

Aaaah, tu sais comme je suis, je m'enflamme vite. Mais quand même, il y a dans leur discographie des titres incroyablement avant-gardistes, des tubes évidents et un son bien rentre-dedans qui leur vaut largement d'être réhabilités... A+!

Thom 06/09/2008 16:54

Alors là... je sèche. Je ne connais que deux ou trois morceaux des Standells ; pas assez pour savoir si la face du rock en aurait été changée - cela dit du coup ça donne drôlement envie de vérifier ça...