Violent Femmes - Violent Femmes

Publié le par NedLabs

vfem.jpgSortie 1983

Non, les années 80 n’ont pas engendré que la New Wave et le Disco, et l’on peut redécouvrir aujourd’hui avec plaisir quelques combos proposant un son différent, qui avaient réussi à se cacher derrière les nappes de synthés et les beats binaire. Les américains de Violent Femmes font partie de ces groupes quelque peu oubliés faute de s’être conformés au son et au style de leur époque – et pas seulement de celle-ci, d’ailleurs. Pourtant, ce premier album éponyme du groupe, daté de 1983, est tout ce qu’il y a de plus réussi, bien qu’il surprenne au premier abord par ses instrumentations : après les déferlantes électriques et synthétiques sur le rock, le groupe opte pour un son sec et tout acoustique : guitare et basse électro-acoustiques, set de batterie réduit. L’absence de basse électrique tissant une toile de fond fluide contribue en particulier à rendre l’ensemble très chaotique et nerveux, soutenant à merveille la voix possédée du chanteur Gordon Gano. Car l’absence de saturation, de basse subsonique et d’une batterie mularde n’empêche pas le groupe de verser rapidement dans ce que l’on pourrait qualifier de Folk-Punk énervé. Pourtant, Violent Femmes ne s’enferme jamais dans un carcan musical : l’album s’ouvre sur un très pop "Blister In The Sun", avant d’enchaîner sur "Kiss Off", nettement plus rageur puis sur un reggae pleurnichard et génial avec "Please Do not Go". Les choses se corsent ensuite avec "Add It Up", titre phare de l’album qui témoigne de l’héritage Punk du groupe, et l’érige en pendant Folk du Gun Club. Rythmique effrénée, lyrics vengeresses et chant psychotique contribuent à en faire un titre aussi violent qu’accrocheur. Imprévisibles, les trois larrons poursuivent avec le lent et inquiétant "Confessions" et sa berceuse insidieuse à la contrebasse. Mention spéciale, par ailleurs, au bassiste Brian Ritchie, qui soutient l’album de bout en bout avec son style aussi mélodique qu’élastique (particulièrement sensible sur "Add It Up"). La suite réserve également son lot de bonnes surprises avec l’urgent "Promise", et un retour aux inspirations pop sur "Gone Daddy Gone" et son refrain imparable. Ultime changement de registre pour la chanson qui conclue l’album, apaisée mais amère, et qu’on croirait tout droit sortie du deuxième album du Velvet Underground. Dans les bonus appréciables présent sur les rééditions CD, on trouvera notamment "Gimme The Car", dont les paroles décapantes ne dépareillent pas avec les autres titres névrosés de l’album. Pas de raison, donc, de se priver de ce petit bijou qui passera à merveille entre deux Gun Club.

Publié dans Disques de passage

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arbobo 20/02/2008 12:44

la disco est morte avant que les années 80 ne commencent, et les puristes seraient tentés d'en dire autant de la new wave (mais là je ne suis pas puriste ^^)en revanche je suis ravi que tu parles de ce groupe.Je les ai découvert sur "3", à la fin du lycée, et j'ai beaucoup d'affection pour ce groupe hors norme. Merci pour ce billet.

Chtif 29/01/2008 20:32

ben tiens :http://www.myspace.com/theflatmatesc86(écoute Shimmer, tiens)sinon, chez moi:http://chtif.over-blog.com/article-3698624.html

NedLabs 28/01/2008 08:52

Ah, tiens... Flatmates, j'ai jamais entendu parler par contre. Je vais aussi me mettre en quête... A+!Ned

Chtif 27/01/2008 23:19

ah tiens, encore un groupe dont j'ai souvent entendu parler sans jamais faire l'effort. C'est parti la ptite mule !sinon, ,c'est clair qu'il y a des trucs dans les années 80, mais faut chercher. je te conseille de fouiner du côté de ce qui a émergé dans les banlieues anglaises. "Flatmates", par exemple, très sympa.

NedLabs 14/01/2008 08:18

Merci pour ces compléments! A+!Ned