Pixies - Bossanova

Publié le par NedLabs

pix.jpgSortie 1990

Voilà un disque qui est passé très très près de la rubrique Incontournables… Et, pourtant, rien ne le destinait au départ à intégrer mon Panthéon personnel du rock. Replaçons-nous dans le contexte, c'est-à-dire ma découverte d’un groupe répondant au nom chantant de Pixies. Pour moi, comme pour beaucoup je pense, c’était d’abord un titre, "Bailey’s Walk"… Comment-ça pas vous ?! Trêve de plaisanterie, c’était bien sûr "Where is my Mind", hymne entêtant dont on ne se souvient même plus l’avoir entendu et qui pourtant s’insinue au plus profond de l’esprit pour vous transformer en bête furieuse avec pour unique objectif de trouver l’album correspondant. C’est là que le destin frappe un grand coup. Comme c’est souvent le cas, le disquaire local possède la discographie complète du groupe sauf celui qui vous intéresse – Ah ! Vous avez remarqué vous aussi ? –. Frustré au possible, je décidai donc de choisir plus ou moins au hasard un autre album. C’est bête mais je crois que j’ai choisi Bossanova à cause des noms des titres qui sonnaient un peu plus couillus que ceux des autres albums ("Rock Music", "Blown Away", "Stormy Weather"…). A cette époque, mon disque de chevet est In Utero. Autant dire que la première écoute de Bossanova me laissa quelque peu pantois. Je trouvai bien quelques titres accrocheurs comme "Rock Music" ou "Hang Wire", certains trucs franchement intrigants comme "The Happening", "Ana" ou les scansions de Black Francis sur "Dig for Fire", pas mal de refrains pop sucrés comme "Allison" ou "All over the World", mais cet emballage qui me semblait à la limite de la New Wave, ces sonorités si étranges pour mes oreilles immergées dans le Grunge… Ca ne prenait pas vraiment, mais ça avait le parfum du mystère. Ce n’est que des années plus tard, une fois le reste de la discographie du groupe à peu près digérée que j’ai eu réellement envie, de réécouter Bossanova. Et là j’ai compris. Cet album, un peu à part dans la discographie des quatre de Boston, c’est du Pixies pur jus. Du concentré de ce qui fait l’âme du groupe, sans artifices. Un peu ce que Mellon Collie est aux Smashing Pumpkins. Un album décomplexé, dans lequel le groupe laisse libre cours à ses envies, sans souci d’emballage. Si ça ne rend pas un album essentiel (Surfer Rosa reste pour moi une référence ultime parce qu’il inaugure le style Pixies tout en l’intégrant dans des structures rock plus classiques, avec des refrains imparables, mais nous en reparlerons…), ça en fait en tout cas un objet symptomatique de l’esprit du groupe. Aujourd’hui, je réécoute avec un plaisir fou ces excentricités géniales que sont "Ana" ou "The Happening" (sans doute parmi les morceaux les plus sous-estimés du groupe, boudés par les Best-Of), ou encore les électrisants "Down to the Well", "Blown Away" ou "Hang Wire", autant de perles qui figent à jamais ce que sont les Pixies: le plus grand groupe de rock du monde. Dieu que c’est bon...

Publié dans Disques de passage

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NedLabs 28/12/2007 15:21

Tout à fait d'accord, les deux derniers titres sont dispensables. Par contre ce son, moins rock que sur les autres album donne aussi un charme particulier à Bossanova (The Happening, quel panard!)... A+!Ned

dragibus 28/12/2007 14:54

perso je peux juste trouver à redire sur les 2 derniers titres gnan gnan et surtout sur le son un peu trop policé, sophistiqué même de Norton