Babyshambles - Shotters Nation

Publié le par NedLabs

bs.jpegSortie Octobre 2007

En voilà une surprise qu’elle est bonne ! Alors que tout le monde donnait Pete Doherty pour mort – artistiquement si ce n’est physiquement – l’ex-Libertine revient avec ses sympathiques Babyshambles nous proposer son deuxième opus, deux ans après Down in Albion, premier effort aussi bordélique que sympathique qui débordait littéralement de titres (on dépassait les 60 minutes de musique, ce qui se fait rare pour un simple album) qui n’avaient pas grand-chose à envier aux deux précédentes productions des Libertines. L’album ne pêchait que par ses excès de désordre sonore qui rendaient certains titres difficilement accessibles. Deux ans se sont écoulés. Dix, si on se fie à l’aspect physique de Doherty. Ce dernier, s’il ne s’est sûrement pas calmé sur la défonce, semble en tous cas moins enclin à faire la une des tabloïds et à poudrer le nez des reines de beauté. Et il est vrai qu’on le sent moins agité sur ce dernier album Shotters Nation. Tout ça ressemble fort à une réédition du cycle Libertines : un premier album génial mais foutraque, une spirale d’excès et de scandales, et un deuxième effort plus structuré et mélodique, mettant en valeur les meilleurs aspects de la musique du groupe… Shotters Nation est donc à Down in Albion ce que l’éponyme Libertines était à Up the Bracket. De ce fait, et comme c’était le cas pour les Libs’, je sais que les avis vont diverger. Les puristes reprocheront sans doute à cet album d’être trop accessible. Pourtant, son évidence n’a rien d’une compromission et les titres ne sombrent jamais dans la facilité ou la niaiserie racoleuse. Les guitares sont toujours aussi nerveuses et déglinguées, soutenues par une section rythmique régulière, et la voix de Doherty toujours sur le fil du rasoir, bien qu’il semble avoir pris un peu plus d’assurance. Ainsi l’album s’ouvre avec deux titres immédiats, "Carry on up the Morning" et "Delivery", où l’on sent l’art inaltéré de Doherty pour la mélodie rageuse et le refrain imparable. Dans une veine plus punk-rock, l’album recèle également les titres "Side of the Road" ou "Baddie’s Boogie". Les Babyshambles s’essayent – avec succès – à la ballade avec "UnBiloTitled" et sa cassure rythmique finale réussie ; L’intro de "Crumb Begging Baghead", quant à elle, pourrait être signée par les Stone Roses ; La contrebasse est de sortie pour une petite fantaisie, "There She Goes", qui s’avère faire partie des meilleurs morceaux de l’album et rappelle l’esprit bohême que l’on trouvait déjà chez les Libertines ("What Katie Did"…). Bref, même si la musique des Babyshambles s’est disciplinée, le disque regorge d’influences, sans temps mort ni remplissage. Et Pete Doherty est définitivement l’un des plus dignes héritiers de 40 ans de rock britannique, lui le rocker transgénique, qui parvient spontanément à faire se rencontrer Mac Cartney, Strummer et Morrissey. Du grand art.                                                                                       
                                                                      

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Ned 06/11/2007 15:40

Mais il est très bien ce "There She Goes" :-) ! Non, c'est vrai que c'est un titre qui détonne un peu avec le reste, mais il est franchement bien construit et cette petite ambiance jazzy est du plus bel effet, je trouve... Après pour ce qui est de "l'accessibilité" de l'album, c'est sûr que c'est une question de goûts et d'habitudes... En tous cas on est d'accord sur l'essentiel!A+!Ned

Alex la Baronne 06/11/2007 15:28

Raaaaa... Suis-je donc la seule à ne pas apprécier "There she goes" ? Sinon, globalement d'accord avec toi (surtout pour la comparaison avec les Libertines qui est très judicieuse), même si je n'ai pas trouvé cet album si accessible que ça. Il m'a fallu plus d'écoutes pour l'apprécier que pour apprécier Down in Albion.