Sortie Juin 2007
D’abord rebuté par une première écoute peu concluante du disque sur une borne FNAC en MP3 compression maximale et avec le haut-parleur
droit en panne, je ne m’étais pas décidé à l’achat de l’album Strange House des bien-nommés Horrors. Il faut dire que la hype qui avait propulsé la
sortie de ce premier effort, NME et Rock n’ Folk à l’appui, n’avait pas de quoi inciter à la clémence. Il fallait que ce soit du lourd, sans quoi le couperet tomberait. Mais bon, les cinq dandys
gothiques charbonnés comme des tapineuses moldaves et leur posture New-York-Dollsesque, ainsi que cette irrésistible hure de sanglier sur la pochette, ont finalement eu raison de mon intégrité et
de mon bon goût. Boum, me voilà avec la galette entre les mains. On a beaucoup parlé de revival garage pour qualifier la musique des
Horrors. Outre le fait que le terme de garage ne signifie finalement rien quant à un contenu musical, cela est en plus assez loin de ce qu’évoque Strange
House. Oui, le son des Horrors est très sale. Evidemment ils évoquent les Sonics avec ce clavier 60’s qui vient se poser sur les guitares-tronçonneuses. Oui enfin, le disque est rempli de
gimmicks et de références aux groupes garage. En revanche, la rythmique est incontestablement punk, et les ambiances l’empruntent davantage aux Cramps, mais exit le rockab’… Psychopunk serait
donc plus adapté pour décrire ce qui percute mes tympans. Difficile d’apprécier le disque à la première écoute (sauf pour les plus énervés) : c’est bestial, à la fois lourd et strident, et
très modérément mélodique… Pourtant, force est de reconnaître que l’ensemble est tellement extrême et atypique qu’on se laisse rapidement emporter, d’autant plus que l’univers des Horrors est
très cohérent, la musique collant parfaitement au graphisme gothique arty de l’album. La force de ces titres réside d’ailleurs beaucoup dans les thèmes qui évitent la vulgarité goth pour raconter
des histoires bien glauques mais classieuses (la collection morbide de gants sur "Gloves"…), souvent très référencées (le "Jack the Ripper" de Screaming Lord Sutch, "Sheena is a Parasite", "Count
in Fives"… référence aux Count Five ?). Les Horrors maintiennent la pression jusqu’au bout avec des titres aussi violents que foutraques (j’ai déjà cité les meilleurs, rajoutons "She’s the
new Thing", "Thunderclaps" et le cauchemardesque "Gil Sleeping"). Et me voilà pris au piège : cet album est foutrement bon et nouveau, violent, excessif, et d'un bon mauvais goût
assumé… Un peu les petits frères goths des excellents Hives. « Psychotic Sounds for Freaks and Weirdos », sous-titrent les Horrors, et c’est une assez bonne
définition.
Par NedLabs
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Sortie 1970
En tout premier lieu, je tiens à assurer que le choix de cet album ne relève ni du snobisme, ni de la mauvaise foi (ou alors si peu !). Certes, Atom Heart Mother est sans
doute un album imbuvable pour beaucoup, même parmi les fans du Floyd. Et compte tenu qu’il s’avère déjà très difficile aujourd’hui de faire rêver avec Pink Floyd, cette machine
prog-rock devenue monstrueuse et au succès quasiment rédhibitoire, la tâche à laquelle je m’attelle relève presque de la folie suicidaire. Mais bon, pourfendons les idées reçues et balayons
rapidement les luttes intestines entre la secte Gilmour, l’Eglise Watersienne, voire les (ana)Barettistes de la première heure. Atom Heart Mother est
tout simplement un album de génie. Inutile d’y chercher un tube, un quelconque classique ou même un message subliminal : Atom Heart Mother est un
album avec une vache dessus (quelle classe cette pochette), qui s’ouvre sur un morceau fleuve qui ne ressemble à rien et se termine par la bande son
de 13 minutes du petit déjeuner d’un mec nommé Alan. Comment ça, ça ne vous motive pas ? Pourtant, je mettrais ma main au feu que quiconque prend le temps de s’allonger et de s’envoyer les
23 minutes du titre éponyme "Atom Heart Mother" sentirait insidieusement en lui que cet album est culte. 23 minutes d’expérimentations sonores mêlées à un orchestre symphonique, envolées épiques
cédant la place à un groove endiablé, chorale digne d’un Carmina Burana contemporain… Ca déroute, mais à chaque écoute c’est meilleur. Les heureux possesseurs du vinyle retourneront ensuite la
galette pour découvrir, prenant en contrepied la première face, les ballades paisibles et gentiment désabusées "If" (signée Waters pour les intégristes) et "Fat Old Sun" (de Gilmour pour les
fanatiques), avec au milieu, l’excellent "Summer ’68" (tiens, composée par Wright), certes un peu gâchée par le final au synthé aussi pourri que grandiloquent. D’accord, "Alan’s Psychedelic
Breakfast", qui clôt l’album s’apparente plus à un foutage de gueule, même si les esprits les plus détraqués y percevront du génie. Mais bon, reste cette impression de cohérence dans l’anarchie
totale des titres (format des chansons, thèmes, instrumentations…), de foutoir savamment calculé, calibré au millimètre, que je ne m’explique toujours pas. Peut-être grâce à cette vache, qui n’a
rien à voir non plus, et qui place cet album sous le signe du non-sens le plus absolu. Atom Heart Mother est un OVNI, bien loin de la mégalomanie du
futur Dark Side of the Moon, et dépourvu des titres immédiats d’un Meddle ou Wish you were here. Et
pourtant, l’essayer, c’est l’adopter.
Par NedLabs
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Sortie
1970
1970… Soudain, le fracas et la sueur. Dans la lignée du MC5, quatre sales gosses d’une banlieue triste de Detroit précipitent ce que Hunter S. Thompson décrira quelque deux ans plus tard
dans son Fear and Loathing in Las Vegas comme l’effondrement du rêve hippie (américain ?). Un an seulement après LE Woodstock, la révolution baba-cool est réduite en pièces par les
Stooges, adeptes d’un nihilisme aussi crétin que militant, né dans la grisaille de la Motor City, à des années lumières des côtes californiennes. De leurs aînés, ils ne reconnaissent que les
Doors, dont Iggy est fan, et le Velvet Underground auquel ils empruntent la noirceur de leurs sales petites histoires urbaines marquées par la came, le sexe et la violence. En pochette intérieur
de Fun House, les quatre affreux trônent sur un tapis persan, Iggy lascif et Ron arrogant, exhibant ses colifichets nazis, le tout évoquant bizarrement Alex DeLarge et ses Droogies
ultraviolents dans Orange Mécanique (1971), tout un programme! Produit par Don Galucci, ce second effort des Stooges est sans doute l’aboutissement ultime de leur style (Raw
Power étant un album de rock somme toute plus classique, plus produit et sans ce magma sonore caractéristique). La violence est ici hypnotique, chaque instrument participant à un
Maelström sonique au dessus duquel n’émerge que la basse impeccable de Dave Alexander, qui mérite un hommage tout particulier tant il assure avec fluidité la cohésion de l’ensemble de
l’album en compagnie des fûts de Scott Asheton. Derrière cette section rythmique imperturbable, Ron Asheton envoie des soli incandescents de pentatonique sans queue ni tête, qui se noient en
saturation, s'entrecroisant avec les aboiements furieux d’Iggy, manifestement possédé. L’ensemble est résolument révolutionnaire : jamais des titres aussi brutaux et vicelards n’avaient été
aussi entêtants, et ce grâce notamment à la répétition hypnotique des riffs de basse. Impossible de ne pas rester scotché à "Down On the Street" (qui pourrait presque être un hommage au "My Eyes
have seen You" Morrissonien), ou au brutal "Loose" (premier titre punk ?). Sur "TV Eye", c’est Ron Asheton qui s’y colle pour répéter inlassablement son riff de guitare, dans une ambiance
d’urgence paranoïaque, sur fond de basse comme slappée. Léger ralentissement sur "Dirt", la basse se fait grasse et tisse la toile de fond sur laquelle Iggy devient un crooner psychotique.
Urgence à nouveau sur "1970", réponse, bien sûr, au "1969" de leur précédent opus, un an de plus, et la machine s’emballe. Vient enfin la pièce maîtresse de cet album, avec "Fun House", proche de
l’impro totale, où le saxophone de Steve McKay sort de l’ombre : Free Rock ou Jazz-Punk ? Monument, en tous les cas. "L.A. Blues", qui s’apparente plus à une destruction d’instruments
de fin de concert qu’à une véritable chanson n’est pas de trop pour se sortir les oreilles de ce magma brûlant d’un rock poussé à l’extrême.
Par NedLabs
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Sortie 1970
Syd Barrett est évidemment un monstre sacré. Eminence grise du Pink Floyd originel, cerveau avant-gardiste et détraqué d’un rock
psyché-prog novateur, destin brisé dont on n’a jamais su s’il avait réellement fait fondre sa raison à force d’avoir été le cobaye de toutes les expérimentations narcotiques de son époque, où si,
loin d’être le légume que l’on décrit, il avait simplement choisi de consacrer la fin de sa vie à ses passions du jardinage et de la peinture (la réponse se trouvant sans doutes un peu entre les
deux propositions). Quoi qu’il en soit, à l’apogée de sa période lysergique, et avant de quitter définitivement la scène qu’il exècre, le maître Syd livra de manière chaotique un dernier album
solo d’une qualité rare. Soutenu de bout en bout par un David Gilmour multi-instrumentiste inspiré (et peut-être un peu gêné de ravir la place de Barrett au sein du Floyd), Syd parviendra bon gré
mal gré, entre février et juillet 1970 après moultes interruptions dues à la dégradation de son état psychologique, à réunir les 12 pépites qui ornent l’album Barrett. Celui-ci s’ouvre
magistralement, arpège hindouisant se fondant dans une gamme de blues avant le décollage de "Baby Lemonade" et ses nappes de clavier foutraques, double voix et refrain pop aussi imparable
qu’inquiétant. On embraye sur la comptine "Love Song" puis sur "Dominoes", avec sa conclusion Doorsienne en diable, et on comprend rapidement qu’écouter Barrett, c’est un peu comme aller prendre
le thé chez sa grand-mère un dimanche après-midi, sous acide. Les mélodies volontiers enjouées ou kitsch contrastent avec les dissonances soudaines et la voix désabusée de Barrett, préfigurant
souvent ce que sera le chant de Ian Curtis (l’atrabilaire "Rats"). Retour à un Blues roots presque tout en basse, et voix d’outre tombe sur le sinistre "Maisie", avant d’enchaîner sur la ligne de
basse groovy de l’excellent "Gigolo Aunt" qui ne remonte qu’à moitié le moral. Le renfort du claviériste Richard Wright met également en valeur quelques titres, notamment "Wined & Dined",
magnifique et tout en douceur. Syd fait sortir le tuba pour une dernière comptine dont le seul titre vaut son pesant de cacahuètes ("Effervescing Elephant"), et ça y est, on sort de cet album un
peu groggy, comme après une sieste remplie de rêves étranges dont d’ailleurs on ne se souvient plus. On referme la pochette illustrée par Syd lui-même, fascination entomologique d'un esprit
au bord du gouffre: c’est beau, c’est fou, c’est du grand Barrett.
Par NedLabs
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Sortie Juillet 2007
Sept ans d’absence pour le chauve le plus rock n’ roll de la planète (si, parfaitement ! devant Phil Collins). Et nous voici enfin
au cœur de l’évènement : Billy Corgan reforme ses Smashing Pumpkins, enfin presque car il ne reste de la formation originale que lui et son fidèle batteur Jimmy Chamberlain. Qu’importe, me
direz vous, pour cet album qui a été concocté presque intégralement par Corgan, comme le furent d’ailleurs la plupart des précédents opus des Chicagoans. Après les multiples explorations des
Pumpkins, le moins qu’on puisse dire est qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre pour cette nouvelle galette. Pourtant, pas de surprise à l’écoute de l’album. Ce qui marque d’emblée, c’est la
puissance du son, lourd et rugueux comme à l’habituée, mais dont les guitares sursaturées et les fonds des synthés évoquent, de même que les compositions à la limite du heavy metal, la fière
époque du Machina – choix courageux par les temps qui courent. Bref, ça défouraille sévère presque du début à la fin. Le riff se fait volontiers
bestial ("Doomsday Clock", "Tarantula" et "7 Shades of Black", décidément très proche du son de Machina), et pourtant, la voix de tôles froissées de Corgan assure toujours un refrain accrocheur.
Certains autres titres attirent davantage l’oreille d’un point de vue mélodique ("Bleeding the Orchid", "We are Starz", "(Come on) Let’s Go! " aux riffs un peu plus fouillés), avec au milieu
"United States", pamphlet heavy hypnotique. Bizarrement, même si c’est du gros rock qui tache, il s’insinue au fil de l’écoute un sentiment de malaise. Enfin moi en tous cas, ça m’a foutu un
cafard qui m’a rappelé mon état après la découverte de Machina (décidément), le genre de sentiment finalement pas déplaisant car il prouve que le
disque a du caractère. Le titre "Neverlost", gentiment mélancolique, et son lancinant "Let’s fill these hours and kill desire", y est pour pas mal à vrai dire, malgré son arpège pompier. Bref, on
ne sait pas vraiment pourquoi mais la Mayonnaise (hehe…) finit par prendre, et Zeitgeist est au final plutôt réussi (si l’on excepte l’odieux délire
valsoïde qui remplit la dernière piste). On est loin du raffinement de Mellon Collie… ou Adore, mais
Corgan signe ici un très bon album de rock qui envoie, même si on ne le réécoutera sans doute pas aussi souvent que Siamese Dream. L’honneur est sauf
et ca promet pour les concerts.
Par NedLabs
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Sortie 1967
Quand arrive le moment de faire rentrer un album d’un groupe fondamental dans son Hall of Fame personnel, se pose immédiatement la
question de la légitimation de ce choix. Alors pourquoi Strange Days plutôt que l’éponyme The Doors ou LA Woman ? Pourquoi pas le mésestimé Morrisson
Hotel ou le foutraque Waiting for the Sun ? Les chantres du snobisme ne citeront-ils pas The Soft Parade ? D’abord Strange Days, c’est un titre qui a la
classe, et qui colle exactement à la musique de cet album presque concept. Constitué des chutes du premier opus, il en est également le pendant plus obscur, plus… étrange finalement. Chaque titre
de l’album originel semble avoir ici son ombre portée ("You’re lost Little Girl" et "I Looked at You", "My Eyes have seen You" et "Take it as it comes", "When the Music’s Over" et "The End"…). De
ce fait, plus encore que sur l’album précédent, on ressent cette oppression, ce sentiment d’étouffement que procure la voix lancinante de Morrisson, décollant sur les intros malsaines de "You’re
Lost Little Girl", "My Eyes Have Seen You" ou "I Can’t See Your Face in my Mind". Le groupe tient fermement Manzarek en laisse et l’empêche de partir dans ses travers de soliste épique et
d’expérimentateur de sons pas très heureux. Piano, orgue Hammond ou clavecin, ici Manzarek joue avec classe et sans débordements, laissant un peu plus de place à Krieger. Strange Days,
c’est aussi la période prolixe et lysergique des Doors, avant le passage à vide puis le retour à une musique où le blues va reprendre le dessus sur le psyché. Strange Days, c’est
Morrisson mince et sous LSD tandis que LA Woman c’est Morrisson obèse et sous Budweiser. Il y a encore dans cet album ces titres faussement naïfs, insidieux des débuts ("Love me Two Times",
"Unhappy Girl"). Il y a enfin un véritable poème, scandé par un Morrisson inquiétant, évocation du martyr des chevaux jetés par-dessus bord par les marins lors de la tarversée desdites "Horse
Latitudes", qui clôt au passage le débat Morrisson faux-poète. Strange Days, c’est l’album symptomatique de ce qu’ont été les Doors des débuts, inquiétants et maladifs, touchés par la
grâce d’un Dieu qui devait être le croisement entre Tim Leary et Aldous Huxley.
Par NedLabs
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Sortie Juin 2007
Editors c’est le groupe dont le son fait d’abord faussement penser à Coldplay. Merde, me diront certains – j’espère les plus
nombreux - d’entre vous… Seulement une rapide écoute de leur néo–coldwave permet ensuite de dissiper tout nuage de confusion. Chez Editors, rien de mielleux, ou alors le miel est doux–amer, ou
alors il contient de l’arsenic et du Prozac. Apres avoir signé un magnifique premier album avec The Back Room, dont seul le nom évoque les tréfonds d’un lupanar, voici donc revenus les distingués
britanniques, avec un album des plus classes. Pourtant, c’est un fait, les petits malins n’ont pas changé la formule d’un iota : les mêmes guitares stridentes mais étrangement éthérées, la
batterie pousse–au–cul et une voix flegmato–aristocratique, entre Ian Curtis et Morrissey. Et c’est sûrement à cela que l’on reconnaît les grands, le fait de pouvoir poursuivre dans une même
veine, directement identifiable, tout en parvenant à renouveler avec brio ses titres. Le contrat est ici largement rempli, et même si l’on est pas dépaysé une seconde, l’album est totalement
exempt de temps mort ou de remplissage, et dévoile même des compositions fort jouissives. Le disque s’ouvre tout en élégance sur Smokers Outside the Hospital Doors (militantisme
anti–tabacophobie ?), et ses accords de piano jamais incongrus. Suit An End Has a Start, sans doute la plus proche de leur précédent effort, rythmique binaire et mélodie fluide, avant
d’embrayer sur quelques titres plus proches de la ballade mais toujours appréciables – The Weight of the World et When Anger Shows – entrecoupés d’un tonitruant Bones au riff implacable, un des
grands titres de cet album. La merveilleuse et mélancolique Put your Head towards the Air permet littéralement de souffler un peu au milieu de l’urgence de ces murs soniques, avant de replonger
dans ce qui est sans doutes la chanson phare, Escape the Nest, qui s’apparente vraiment à un saut dans le vide, bluffant. L’album se conclut sur le tout–en–piano Well Worn Hand, ultime complainte
après une déferlante extraordinaire. Seul ombre au tableau, les compos d’Editors, trop compactes, tsunamis de son urgents, personne ne pourra les siffler sous la douche. Raison de plus,
finalement, pour écouter l’album An End Has a Start.
Par NedLabs
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Sortie Mars 2007
Difficile, en tant qu’icône du rock 70’s, et en ayant laissé
quelques monuments musicaux intemporels sur son parcours, de revenir fringant pousser la chansonnette. Non que l’inspiration ou l’émotion s’érodent avec le temps, mais il est certains artistes
dont le come-back peut déconcerter les fans, qui avaient déjà fait passer le maître à la postérité - un nouvel album ou une apparition live relevant dès lors de l'anachronisme le plus choquant.
Pire, d’un point de vue musical, si l’artiste reste fidèle à sa veine originelle, on trouvera ça agréable mais un peu suranné - voire carrément chiant, tandis que s’il se laisse aller à
l’expérimentation, on restera sur sa faim, ne percevant pas les hymnes attendus. Bref, le plus gros défaut des récents albums des Who, Stones, Dylan et consorts, c’est précisément d’être récents,
là où leurs interprètes appartiennent à tout jamais à une autre époque. Neil Young ne déroge pas à la règle. Sauf que là, heureusement, l’album présenté dans ces lignes est un live de 1971,
c'est-à-dire un grand bol d’air frais, de patchouli et de suspectes volutes d’herbacées consumées. Et il y a vraiment de quoi ravir le nostalgique qui sommeil en chacun de nous : le Loner, bel et
bien seul avec ses cheveux gras et sa guitare, pousse sa voix avec encore plus d’honnêteté qu’à l’accoutumée, dirait-on, et on découvre un concert intimiste, d'une beauté rare. Là où le folkeux
échouait en grinçant de la gueule au dessus des voix soyeuses des géniaux Crosby, Stills & Nash, il réussit avec brio sur ces titres, leur conférant cet aspect rugueux de poésie redneck.
Enregistré entre After the Gold Rush et Harvest, ce live ne surprend pas par sa set-list (délectable, cependant), mais la qualité d'interprétation des classiques "Tell Me Why", "Old Man", "Don't
Let It Bring You Down" et autres "The Needle and the Damage Done", leur dépouillement, et l’émotion qui s’en dégage, en font un disque incontournable. Et pour les plus courageux d'entre vous,
avec le DVD du live, vous aurez en bonus le faciès néanderthalien aux orbites abyssales de Young et les images de son ranch : que demande le peuple?
Par NedLabs
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Sortie 1993
En 1993, le monde du rock semble, pour le plus grand bonheur de ses adeptes, revêtir les habits d'apparats qui furent les siens quelques 25 années plus
tôt. Les descendants poilus des Sonics et des Troggs (notamment la scène de Seattle) mènent une lutte acharnée contre les petits-fils spirituels des Kinks et des Beach Boys (notamment les Blur et
Suede naissants) pour le titre de celui qui fera sauter le plus haut le public. Au milieu, d’étranges personnages construisent des murs de son hypnotiques sur lesquels se posent des voix
éthérées, dans une structure jamais entendue auparavant : le Shoegazing a pris son essor, propulsé par le colossal Loveless de My Bloody Valentine, deux années auparavant. Slowdive
fait partie de cette grande famille des fixeurs de chaussures, avec leur premier opus sorti en 1991, et tout à fait dans l’orthodoxie du mouvement. Mais c’est avec leur deuxième effort que les
britanniques, abandonnant en partie les dogmes Shoegazer, vont signer un disque pionnier, magistral. Si Souvlaki s’ouvre sur quelques titres pas si novateurs, la montée en puissance se
fait insidieusement, les guitares se saturent au fil des chansons et envahissent l’espace, les voix se font plus lointaines et lancinantes. Si "Alison", ou "Machine Gun" peuvent évoquer la pop
bruyante du premier opus naissant de Radiohead (à noter tout de même, l'excellent "Sing" ), le disque part bien vite
sur des sentiers jamais encore défrichés et embraye sans avertissement sur "Souvlaki Space Station" entre rock et dub, un monstre sonore au riff de basse évident qui s’empare
littéralement de l’oreille au fur et à mesure de sa montée en puissance, introduisant avec brio des éléments d’électro en son sein. Enchaînement diabolique, Slowdive ne nous laisse pas
redescendre avec les hypnotiques "When the Sun Hits" et "Altogether", dans la même veine, avant un atterrissage en tristesse avec "Dagger", qui reste une des plus grandes ballades des 90’s. Et
pour l’auditeur qui ne serait pas encore scotché, engourdi par ce disque âpre et dépressif, Souvlaki déploie une dernière fois sa basse ronflante sur "Some Velvet Morning", magistral et
entêtant. Il faudra attendre OK Computer, 4 ans plus tard, pour redécouvrir une fusion aussi heureuse du rock et de l’électro.
Par NedLabs
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Sortie 1979
Dilemme assassin ! Choix cornélien ! Je sens d’ici poindre le courroux de certains… Mais bon, à l’heure où les plus écossais des australiens
s’apprêtent à rentrer dans le Hall of Fame des albums incontournables, il fallait trancher… Et trancher surtout entre les trois chef-d’œuvres majeurs de la fin de l’ère Bon Scott. Alors pourquoi
pas Let There Be Rock ? Ou Powerage ? Foin des débats ! Assumons cette responsabilité et rendons hommage au fantastique album Highway To Hell.
Highway To Hell, c’est d’abord la chanson titre que tout fan vomira – mais surtout parce qu’elle a martelé ses tympans adolescents jusqu’à plus soif – hymne aussi potache que binaire,
assez peu représentatif de ce qui va suivre. Car le disque embraye sur le riff endiablé d’un "Girls Got Rythm" dansant, qui met d’entrée de jeu l’album en orbite. Car la suite brille par son
savant mélange d’un rock brutal et acéré ("Walk Over You", "Beating Around the Bush") et d’un sens du groove exceptionnel (le presque pop "Touch Too Much", "Get It Hot"). A côté de ça, de
véritables fulgurances rock’n’roll dans la droite ligne des opus précédents, mais avec ce son plus rêche, moins rond : qu’a-t-on entendu de mieux depuis l’entrée de la basse sur le riff
vengeur de "Shot Down in Flames", la voix acide d’un Bon Scott au sommet de son art sur "If You Want Blood (You’ve Got It)" ? Sexe, sang et binouze, les lyrics de Scott érigent, au troisième
degré, le rock’n’roll en art de vivre, le désacralisent pour mieux le vénérer. AC/DC à mangé du rock’n’roll, absorbé la viande et la graisse et nous recrache au visage les os
consciencieusement rongés, aussi secs et coupants que les soli d’Angus Young. Dernier moment de cet album mythique, le sombre et bluesy "Night Prowler", ode au rôdeur désaxé, hymne aux parias,
évoque alors bien sûr l’âme de Bon Scott, dont cet album sera l’ultime effort, errant à jamais sur le rock…
Par NedLabs
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